Carnet de voyage Thailande 2008 : Bangkok, Chiang Mai, Kho Samet

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Jeudi 24 à dimanche 27 juillet : Trek dans la jungle... On confirme, c'est bien la mousson !

Jeudi 24 juillet

Le plus dur, quand on a un grand sac et un petit, c'est de choisir quoi mettre dans le petit. Surtout quand on n'a pas vu que le petit devait faire 30 litres et qu'on en a un de 23 litres. Le fermer est alors un vrai challenge...
 
Nous laissons nos grands sacs à l'hôtel, formant un impressionnant tas dans le hall de l'hôtel que les employés recouvrent d'un filet, comme s'il s'agissait d'une prise toute fraîche sortie de l'océan touristique.
 
Deux pick-ups nous attendent et nous prenons place, les petits sacs pleins à craquer. A la sortie de la ville, nous passons voir la police pour signaler notre excursion et recueillir les recommandations d'un volontaire français (qui nous explique qu'il faut faire attention, mettre de la crème solaire, respecter l'environnement, etc.), suivi dix mètres plus loin par un volontaire américain (qui n'avait pas vu que le travail avait déjà été fait), dans un style ultra-caricatural (accent texan, ray-bans, le teint bronzé et le sourire large, genre Hell's angel sur le retour) qui nous tient le même discours (en anglais). Nous voilà doublement prévenus !
 
Notre première étape est un jardin d'orchidées. Une pause agréable où nous flânons le long des allées remplies d'orchidées toutes plus belles les unes que les autres. Une serre renferme de fort jolis papillons.
 
Orchidée blanche
Jardin des orchidées : on dirait qu'un petit personnage est enfermé au milieu de la fleur...
Orchidée rose
Ca rajoute à la magie de cette si jolie fleur !

Plusieurs d'entre nous sont tentés par les orchidées en bouteille, mais on se dit que transbahuter ça pendant le trek, ça n'est peut-être pas une bonne idée (et puis il n'y a déjà plus de place dans le sac !!!)... Alors on se contente d'un coca.
 
Orchidée rouge
Ohhh la belle rouge !
Zouli papillon
Pa-pil-lon de lu-mièr... Ah, ça je l'ai déjà dit ?

L'arrêt suivant est un marché local où nous nous dégourdissons un peu les jambes et admirons les spécialités. L'occasion pour Nicolas de poursuivre son exploration du monde délicieux et crousti-fondant de nos amis les insectes, accompagné par Thibaut dans cette exploration pleine de surpriuse ! Au programme : le très gros criquet qui fait peur, la larve qui fond dans la bouche (version Thibaut) ou qui explose sous la dent (version Nicolas). Miam, miam !
 
Les autres sont moins téméraires et préfèrent goûter les petits beignets coco ronds et onctueux, spécialité que l'on retrouve partout en Thailande.
 
Ramboutan : le litchi poilu
Ramboutan : le litchi poilu
Beignets de coco
Goûtez-moi ça... Les cocos, c'est bon pour les gogos !!!

Chalong nous fait également goûter des longanes, sortes de petits litchis très sucrés à la peau kaki. Sur ces découvertes, nous repartons vers les montagnes. Chalong nous propose également deux tubes bizarres, que nous avons d'abord du mal à ouvrir. Ca sent bon la noix de coco... C'est en fait une sorte de gâteau de riz gluant à la noix de coco et aux haricots rouges ! Excellent !!!
 
Gâteau de riz artisanal
Gâteau de riz artisanal : excellent !

Nos pick-ups sortent des grandes routes et amorcent les petites routes de montagne. Nous marquons une pause à l'entrée du parc national, le temps pour Sit d'aller signaler notre entrée (et j'imagine pour donner les moult papiers remplis hier soir) aux autorités. Nous finissons par arriver sur un petit parking près de ce qui ressemble à l'entrée de quelque chose. Un escalier nous permet d'accéder à des grottes, dans lesquelles nous nous baladons. De petits lieux de cultes et des statues de Bouddha sont installés partout dans les grottes. Sit nous explique qu'au moment le plus hulide de l'année, ces grottes sont remplies d'eau et qu'on y circule en bateau. Un horoscope chinois nous attend au bout : une boîte que l'on secoue pour en faire sortir un bâton muni d'un numéro, auquel est associé un texte. Rien de fabuleuyx dans l'immédiat pour Thibaut, ni pour Stéphanie qui essaie également. Comme pour donner raison à la prophécie, et en bon prof de physique, Thibaut teste la résistance des stalagtites : c'est solide ! Heureusement, sa tête aussi.
 
Entrée du parc national
Sit poursuivi par des chiens eux-même poursuivis par les puces
Grottes bouddhiques
Grottes bouddhiques

Une grande table est dressée dans le petit restaurant à côté de l'entrée de la grotte. Pas vraiment Saint Tropez niveau affluence : il n'y a que nous et quelques autres touristes. Nous sommes quelques uns à tester le "fruit shake", notamment au ramboutan et au fruit du dragon. De la glace ? Oui, y'en a. Mais depuis cinq jours que nous sommes là, nos estomacs doivent être habitués. Du moins on espère...
 
Smoothie au fruit du dragonSmoothie au ramboutan
Smoothie au fruit du dragonSmoothie au ramboutan

Nous remontons dans les pick-ups et entamons la suite de la montée. Deux heures sur des petites routes de montagne, traversant pluie et éclaircie, mais aussi des types de végétation différents, passant notamment à travers une zone de conifères à moment donné.
 
Sieste pour papa Chalong
Petite sieste à côté du chauffeur pour papa Chalong
Sommet
C'est là haut qu'on va ? Non, beaucoup plus haut que ça.

Nous faisons halte à côté d'un groupe de maisons. Sit nous fait faire le tour du village, où nous découvrons -et goûtons parfois (notamment une sorte de feuille au goût de gingembre assez fort)- les arbres et plantes de la région. Prélude agréable au démarrage de la marche vers note maison de ce soir. Les sacs sur l'épaule, la cape de pluie sous la main, nous nous enfonçons dans la forêt. Un autre gars se joint à nous pour assister Sit.
 
Arbre à papayes
Arbre à papayes : savez-vous comment on ramasse la papaye ?

La cape de pluie s'avère très rapidement un bon investissement. Petit crachin au départ, la pluie redouble rapidement et il faut choisir entre le sauna et la piscine (c'est ça les vacances !). Pourquoi le sauna ? Parce que le chemin est accidenté et la boue rend les progrès difficiles et la cape de pluie fait vite monter la température en-dessous.
 
Après trois heures de marche et quelques montées un peu ardues, nous arrivons enfin au village Lizhou où nous allons passer la nuit. Nous enlevons nos vêtements et chaussures trempés, ainsi que les dégats faits par les sangsues : c'est Chloé qui a été "saignée", mais d'autres retrouvent également ces petites invitées surprise sur leurs chaussures.
 
Village Lizhou
Arrivée chez les Lizhou : et ellizou la salle de bains ?

Le temps d'essorer un peu nos vêtements nous découvrons le confort : c'est sommaire et la salle de bain / WC est de l'autre côté de la cour... Il faut traverser dans la boue et sous la pluie pour y aller ! Bizarrement, peu nombreux sont les courageux à tenter la douche. Les autres se contentent d'un lavage de dents sur le chemin, à la lumière de la lampe frontale.
 
Nous allons dans la cuisine, où Sit et quelques villageois préparent le repas. Un peu de friture, quelques légumes cuits, du poulet, du riz... Et un petit verre d'alcool de riz qu'ils nous proposent de goûter.
 
Nous prenons place autour d'une grande table en bois et mangeons à la lumière des bougies. Maintenant que nous sommes dans la jungle, chacun a démarré sa prise quotidienne de Malarone ou autre traitement anti-palu. Le dîner est bon. Et nous terminons par un thé vert (même si beaucoup s'abstiennent à cause des WC) ainsi qu'une partie de Uno.
 
Nous regagnons notre dortoir où les moustiquaires sont alignées... L'installation est un peu mouvementée, mais bientôt, plus aucun bruit ne trouble la tranquilité de cette première nuit dans la jungle.
 

Vendredi 25 juillet

On parlait de nuit tranquille ? Le chant des coqs a commencé à retentir tôt dans la nuit, suivi des aboiements des chiens qui se bagarrent... au point que vers sept heures, on a un peu l'impression que ce raffut a duré toute la nuit !
 
Au moins, il ne pleut plus. Pendant que nous prenons le petit dèj, un mini-marché local s'installe dans la cour en face du dortoir et des femmes du village étalent leurs trésors. La plus âgée nous gratifie d'un sourire ravageur, car rouge : elle mâche la noix de betel !!! Encore un truc à essayer (mais pas à adopter).
 
Marché local improvisé
Marché local improvisé devant la "salle de bains"

Après l'achat de quelques babioles (nos sacs n'ont pas grandi depuis la veille), nous repartons à travers les chemins détrempés, mais sans les capes de pluie. Néanmoins, la pluie de la veille a réveillé les sangsues qui nous attendent comme autant de mini-tentacules frétillantes à l'affut de nos globules. La matinée est ardue : trois heures et demi de montées et descentes sur un terrain d'abord glissant, puis plus sec, mais plus pentu ! La pause de midi est la bienvenue.
 
Rizières
Rizières baignées de soleil (enfin !)

Le déjeuner se présente sous la forme de petits paniers en feuille, qui contiennent des nouilles sautées au poulet. C'est bon et esthétique ! Le dessert se compose de délicieux mangoustans (qui sont les premiers à partir, marque évidente de succès), de quelques tranches de mangues et de quelques ramboutans. De l'énergie pour la dernière ligne droite !
 
20/20 pour le packaging !
20/20 pour le packaging !
Et l'intérieur est pas mal non plus...
Et l'intérieur est pas mal non plus...
Ze nature is my salle à manger
Ze nature is my salle à manger

C'est une descente d'une heure et quart qui nous attend, émaillée de découvertes naturelles (chenilles, champignons bizarres, trou de mygale), avec traversée de rivière : Sit joue au parfait gentleman en portant chaque fille du groupe. Les garçons ont leur orgueil et traversent par leurs propres moyens (résultat : une ampoule pour ma part, pour avoir gardé mes chaussures... c'est malin).
 
Nous arrivons enfin au bord d'une rivière plus grande où nous retrouvons... des radeaux en bambou ! Car c'est là que commence le "rafting" en embarcation locale. Nous mettons nos affaires sous plastique et nos plastiques en hauteur, de manière à minimiser les risques d'accidents.
 
Mais en fait d'accident, c'est Chalong qui va se retrouver à l'eau après seulement quelques mètres !!! Lui-même disait qu'il n'avait jamais vu qui que ce soit tomber à l'eau... Il faut bien une première fois. Et comme la température de l'eau est agréable, il renouvelle l'opération un quart d'heure plus tard. Voilà ce que c'est de faire du bateau sans avoir fait la sieste !!!
 
Vous imaginez nos radeaux ballotés par des torrents furieux, la peur au ventre et la pagaie aux aguets... Mais non, même pas, ça a plutôt des airs de balade en bateau dans un jardin public. Les petits passage un peu rapides nous envoient des vagues qui rafraîchissent agréablement les fesses et les jambes, mais rien de terrible. Néanmoins, les gilets de sauvetage et les casques nous protègent du soleil (les coups de soleil seront sur les pieds).
 
Le décor est très agréable : des arbres gigantesques, des buffles qui prennent des bains de boue sur les côtés de la rivière, des oiseaux que l'on aperçoit au loin... Et après deux bonnes heures de navigation, nous arrivons à une sorte d'embarcadère où d'autres radeaux en bambous semblent arrimés ou en cours de démantèlement. A priori, ils en construisent un pour chaque descente !!!
 
C'est le village Karen où nous allons passer la nuit et nous montons dans une maison sur pilotis. Nous mettons nos affaires à sécher et découvrons qu'il y a plusieurs salles de bains à côté de la maison (comprenez des pièces fermées avec chacune une bassine d'eau et un bol) et plusieurs WC (à la turque). Le luxe !
 
Les premmiers vont prendre leur douche alors qu'un marché local s'improvise dans la pièce principale de notre nouvelle maison. Ensuite, cette pièce sera le cadre d'un cours de cuisine : nous allons apprendre à faire des nems végétariens.
 
Atelier nems
Atelier nems

La recette est simple : on prend un mélange de pousses de soja, de chou et de carottes cuites à l'huile, on le roule dans des feuilles de riz, puis on fait frire dans un wok. A côté des nems qui cuisent par série de trois, des haricots verts mijotent avec du lait de coco (en poudre) et du poulet.
 
Comme nous sommes dans la pièce qui sert de cuisine, un jeune gars du coin fait irruption dans la cuisine, tenant un volatile visiblement destiné à passer à la casserole, mais devant quelques regards inquiets, il s'en repart avec son volatile, le sourire en coin.
 
Le repas est excellent ! Très bons, ces nems. Le poulet aux haricots est épicé, mais le repas est bien agréable, alors que le jour tombe décline rapidement dehors.
 
Nems végétariens
Nems végétariens : il n'en restait rien !
Emincé de poulet au curry
Emincé de poulet au curry et aux mille doigts de verdure et sa crème onctueuse des plages tropicales

Nous prenons un bon thé vert pendant que Sit nous raconte des histoires de la région : les Karen croient (ou croyaient, car tout se perd) aux esrptis. Les mauvais esprits, qui habitent la forêt ou la rivière, et les bons esprits, associés à la maison, la famille.
 
Pour s'attirer la protection des esprits de la forêt, la coutume fut longtemps d'accrocher le cordon ombilical d'un nouveau né au sommet des branches d'un arbre pour qu'il veille sur une nouvelle maison (je ne suis pas grimpé pour aller voir si c'était toujours appliqué).
 
Alors que nous lui demandons si la Thailande subit un exode rural, Sit nous explique que désormais, les villes attirent moins. Même les Karen qui font des études finissent par revenir dans leur village, car la ville est vraiment trop différente et ils ne peuvent s'y habituer.
 
Dix heures déjà ! Il est temps d'aller se coucher, après une dernière visite aux toilettes. Euh... Vu ce qui y traine, finalement, non.
 

Vendredi 25 juillet

Neuf heure trente, c'est presque une grasse mat !!! Peu de coqs et de chiens pour nous déranger cette nuit.
 
Pancakes à la banane
Pancakes à la banane

Nous dévorons notre petit déjeuner -qui de plus se compose de délicieux pancakes à la banane- avant de prendre la route vers le camp des éléphants. Nos affaires ont déjà bien séché : miracle !!!
 
Comment franchir les obstacles
Comment franchir les obstacles dans la bonne humeur avec Sit

Le chemin est un peu escarpé, mais en trois quarts d'heure, nous y sommes. Pas d'éléphants en vue... Ah, si ! Il y en a un au fond. Nous allons le voir de près. Un autre descend de la montagne (youpi youpi aïïïe !!! Ah non, pardon, je confonds avec le cheval...). Puis d'autres.
 
Contraste
Pachyderme que cha !
Trompe
Hé, les touristes, z'avez rien à manger ?

Quand ils sont six, il est l'heure de les nettoyer. Une partie du groupe enlève ainsi chaussettes et chaussures pour aller dans le lit de la rivière frotter les pachydermes, qui ont l'air d'apprécier !
Toilette des éléphants
Toilette des éléphants

Ainsi, nos véhicules sont tout propres et nous pouvons monter dans les sièges de fortune accrochés sur leur dos. Mais pourquoi y a-t-il des barres à l'arrière et sur les côtés ? Euuuhhhh... aaaargggghhh... COMPRIS !
 
Quand l'éléphant descend, le touriste descend aussi s'il ne se cramponne pas solidement...
 
Nos paisibles destriers avancent tranquillement, s'arrêtant çà et là pour manger un morceau... ou l'inverse (comprenez : se soulager). Parfois, ils éternuent (on aurait peut-être dû garder les capes de pluie) ou ils s'envoient sur la tête des poignées (ou plutôt des trompées ???) de terre et d'herbes, comme pour chasser les parasites qui leur chatouillent le haut du dos.
 
Caravane des éléphants
Caravane des éléphants

Après une petite heure de balade haut perché, nous laissons nos amis éléphants et leurs cornacs retourner à leur campement.
 
Eléphant vu d'en hautFemmes Karen
Eléphant vu d'en haut : soit on l'a dressé
pour se camoufler, soit il esssaie de chasser
les touristes sur son dos en les
recouvrant de terre...
Femmes Karen portant des sacs à dos 20 fois
plus lourds que les nôtres et devant
poser sous le soleil pour nos photos,
avec le sourire en plus !

Sit nous fait visiter le village Karen : l'école a été financée par la princesse (oui, la fille du roi, comme dans les contes de fées), comme dans de nombreux villages reculés.
 
C'est l'heure du déjeuner (on va croire qu'on ne fait que manger ici !!!), puis de la sieste (le soleil tape et il fait chaud).
 
Puis nous regroupons nos affaires, bien sèches (pourvu que ça dure !!!), et repartons vers la rivière. Nous prenons place sur nos radeaux en bambous. Cette fois, pas de Chalong à l'eau ni d'autre événement majeur. Les flots sont calmes, les rapides plutôt lents et le paysage défile agréablement dans le prolongement de la sieste, un peu comme un documentaire touristique un dimanche après-midi.
 
Un peu plus de deux heures plus tard, nous arrivons en contrebas d'un village et la présence d'anciens radeaux en cours de démantèlement nous laisse penser que nous touchons au but. Nous grimpons jusqu'à une maison à flanc de falaise, s'appuyant sur de gros pilotis. Ca a l'air un peu dangereux comme ça, mais il paraît que c'est très solide.
 
Embarcadère d'arrivée
Embarcadère d'arrivée

Cette fois, nous avons à peine le temps de nous installer que le marché local vient à nous. Des femmes du village et des enfants viennent nous proposer quelques babioles : nous sommes un peu plus nombreux à nous laisser tenter que les fois précédentes... La perspective de la fin proche du trek nous enhardit !
 
Mais un autre mot nous parle : massage ! Nos vendeuses ont bien compris que les touristes fatigués après des longues marches dans la jungle rêvent d'un bon massage. Christel, Thibaut, François et moi-même nous laissons tenter : 200 Bath, ça va, surtout quelles sont deux à masser chacun d'entre nous. Thibaut fait l'objet d'une formation, une femme du village apprennant à sa fille à masser en même temps (Nicolas souligne la chose d'un air mi-réprobateur mi-moqueur selon ses principes moraux d'instituteur, mais rien d'ambigü pourtant, ça n'est qu'un massage "médical" !). L'une de mes masseuses allaite son enfant en même temps, on est vraiment au coeur de la vie quotidienne du village !!! Bon, ce ne sont pas des masseuses pro, mais ça fait du bien quand même.
 
Une fois les massages finis, nous gagnons la cuisine pour donner un coup de main à Sit, qui prépare le repas avec son application habituelle.
 
Chouette, encore des nems ! Mais pas seulement. Les plats sont excellents... On a l'impression de manger encore mieux en trek que d'habitude ! Trop fort, Sit.
 
Après le repas, petite partie de Uno... Puis une guitare est sortie et on essaie de trouver des morceaux qui soient jouables et "chantables" pour quelques uns d'entre nous. Pas grand chose que l'on maîtrise dans cet aggrégat de pop-rock anglaise des années 70 mis à part les Beatles eet Bob Marley.
 
Dès lors qu'on s'est assurés qu'il pleuvrait abondamment le lendemain, on passe à un autre jeu : le casse-tête avec des cure-dents. Sit nous propose le fameux "il y a quatre carrés, faites-en trois avec le même nombre de cure-dents", puis l'équation I+II+III = 4 à rendre juste en bougeant 1 seul cure-dent. Emeline et Ségolène apportent leur touche avec leur "devine le nombre". C'est Julie qui termine cette séance de jeux avec "Je te donne ce bâton, dessine-moi une lune". Ces petits jeux sont amusants, mais un poil énervant, car l'humble public que nous constituions avec Chloé n'a pas réussi à trouver les réponses. Pffff, faut pas nous faire réfléchir, on est en vacances !!!
 
D'ailleurs puisque c'est comme ça j'vais me coucher. Demain, sprint final du trek, et on nous a parlé de montée.

Dimanche 27 juillet

Lever tôt ce matin histoire d'arriver à Chiang Mai pas trop tard et d'avoir le temps d'aller tous au massage.
 
On pourait se dire aussi que se lever tôt, ça permet d'éviter les trop grandes chaleurs... Mais vu le déluge qui s'abat sur le coin, pas trop de risque. Autant dire que nous ne nous pressons pas trop de nous préparer et le passage de trois éléphants en contrebas, dans la rivière, nous permet de prendre quelques photos et de retarder le moment de notre confrontation aux éléments.
 
Et les éléphants passaient au loin
Et les éléphants passaient au loin...
Un éléphant peut en cacher deux autres
Un éléphant peut en cacher deux autres

Mais quand faut y aller... Et nous voilà partis, avec sac à dos et capes de pluie. Notre allure fait rigoler les enfants du village (oui, je sais, c'est pas très glamour le look sac à dos cape de pluie, ça fait un peu escargot dans un sac plastique qui remonte le long du cuit-vapeur...).
 
Chalong parlait de montée, il avait raison. Depuis le premier mètre et pendant environ une heure trente, ça monte. Pas trop dur, certes, mais ça monte. Avec la pluie qui dégouline et la boue qui glisse, c'est un vrai bonheur !
 
Une ou deux pauses sont les bienvenues, même si on n'a pas trop soif... Avec toute l'eau qui tombe du ciel, c'est déjà pas mal.
 
Nous finissons par apercevoir un peu plus de lumière à travers le manteau végétal : le sommet s'approche ! (ou plutôt c'est nous qui nous en approchons) La pluie tombe moins fort sous nos frêles épaules.
 
Ca y est, nous y sommes ! La partie difficile est terminée. Nous redescendons un peu... Il ne nous reste plus qu'à rejoindre un chemin qui... Ah... J'ai parlé trop vite : il y a une petite rivière à franchir, ultime obstacle.
 
Heureusement Super Sit est là ! Et il assume pleinement son rôle de chevalier servant en portant sur ses épaules toutes nos touristes et leur sac à dos (une par une, quand même). Je fais cette fois l'effort d'enlever mes chaussures avant de traverser. Quelques dizaines de mètres plus loin, voilà le chemin !
 
Super Sit à l'action
Super Sit à l'action

Oh, pas une autoroute, ni même une route goudronnée, mais un chemin suffisamment "chemin" pour qu'on puisse y marcher sans trop se soucier de glisser (il faut juste éviter les grosses flaques de boue). Nous jouons à l'oignon entre deux averses (je retire une couche, je remets une couche) et discutons de... glaces et autres desserts (eh oui, on n'est pas français pour rien ! Là où les anglais parlent météo, nous on parle gastronomie.).
 
Après une bonne heure et demi de marche sur ce chemin, c'est vers onze heures trente que nous arrivons en vue d'un village, où l'on aperçoit de nombreux zodiacs et autres ustensiles de rafting très "pro". On a une pensée émue pour nos radeaux de bambous et... on se précipite dans le restaurant qui constitue l'étape finale de notre trtek. Un délicieux Phad Thaï nous attend.
Phad Thaï
Phad Thaï pour récompenser les efforts du matin

Parenthèse gastronomique : le Phad Thaï est le plat classique ici. La recette en est simple : un peu d'huile dans laquelle on fait revenir des épices ou un peu de pâte de curry, on ajoute un peu de viande et/ou des légumes émincés, des nouilles de riz, puis au final, un oeuf qu'on fait cuire sur le côté du wok (ou de la poêle). Servez chaud ! Vous trouverez des variantes partout en Thailande, mais aussi sur Marmiton. Car quand c'est bon, c'est sur Marmiton !!! Fin de la pub. ;-)
 
On se sèche, on se régale, on avale une boisson fraîche, on évite les vendeuses de souvenirs ambulante en costume à paillettes qui font le forcing... Puis on embarque dans nos pick-ups, retour à Chaing Mai.
 
La descente est ardue : les pick-ups se la jouent Paris-Dakar avec ornières grosses comme la moitié des pneus et traversée de rivières, puis on rejoint la route, l'autooute. Relachement général (on peu presque s'assoupir), peut-être un peu trop pour François qui en laisse échapper le t-shirt qu'il a mis à sécher. Heureusement, l'autre véhicule veille et Chalong risque sa vie pour aller le chercher au milieu de l'autoroute. On a vraiment des guides en or !!!.
 
Jolie route de montagne
Jolie route de montagne : oui, c'est un peu boueux...

Deux heures de route, nous arrivons à l'hôtel. On fait nos adieux à Sit en le remerciant pour avoir été un super guide pendant quatre jours. Mais la tristesse laisse rapidement la place à l'alégresse de retrouver nos gros sacs, mais aussi une vraie chambre. Ô immense bonheur de se laver ! Notre craditude (désolé pour le néologisme, mais le terme est bien adapté) ressort encore plus confrontée à la propreté des chambres.
 
On se décrasse, on se détend, on essaie d'aller lire nos mails (difficile de trouver un cyber café ouvert un dimanche ici) et nous nous retrouvons tous à seize heures dans le hall, avant de nous engouffrer dans un minibus aux couleurs d'un salon de massage ! Bon présage.
 
Nous entrons dans un grand bâtiment où on nous fait asseoir et retirer chaussures et chaussettes, puis on plonge nos pieds chacun dans une bassine. C'est déjà très agréable ! Les hommes sont conduits dans une grande salle, les femmes dans une autre.
 
Chacun sa masseuse. S'ensuit une heure du meilleur massage que j'aie connu. Doux mais ferme, précis, il fait oublier les douleurs aux pieds et surout le mal de dos dû à la minceur des matelas lors des trois nuits précédentes. Il paraît même que je me suis endormi.
 
Nous émergeons de ce moment trop bref (une petite heure pour 500 Baths + 100 de pourboire, soit 12 Euros : pas donné pour la Thailande mais ça les vaut vraiment !) le sourire aux lèvres. Et Chalong a bien fait les choses puisque dans la salle post-massage, il a prévu l'apéro avec Martini et petits gâteaux. Il en profite pour nous faire découvrir quelques spécialités locales, dont la pâte de durian. Mangeable, mais j'ai vraiment du mal avec cet arrière-goût de poubelle oubliée.
 
Retour à l'hôtel pour le dîner. Là par contre, rien de terrible... Le buffet coréen du mercredi est cette fois remplacé par un buffet chinois. L'occasion pour Nicolas de tester les pattes de poulet grillées (pas terrible) et pour beaucoup de faire une pause dans ce qui ressemble autrement un peu à un voyage gastronomique.
 
Nous ressortons pour visiter le marché qui a lieu le dimanche soir uniquement près des remparts de la ville. En fait, c'est un grand marché touristique où l'on trouve objets de déco, vêtements, t-shirts et autres souvenirs. L'occasion pour quelques uns d'entre nous d'acquérir quelques parures de lits, statues, chaussures... Je donne un coup de main pour négocier quelques prix (marrant, je n'éprouve aucune gêne à le faire... Faudra que je ceuse le côté freudien de la chose). Je croise au passage une copine d'un voyage précédent (coucou Inès si par hasard tu lis ces lignes), eh oui... le Monde est petit.
 
Au retour, nous croisons le regard des jeunes femmes qui attendent le touriste dans les nombreux bars de la ville. Ca fait bizarre... Je ne sais pas si elles sont juste là pour faire en sorte que les gens consomment, ou pour des "massages amicaux"... Mais ça remet en mémoire le côté sulfureux qu'on associe à la Thailande. Nous croisons aussi un petit éléphant que ses propriétaires trimballent de bar en bar pour amuser les touristes.
 
Nous regagnons l'hôtel, mais décidons d'aller prendre un verre dans un bar "normal", qui est en fait un pub irlandais. Nous en profitons pour réitérer l'expérience de la veille avec les cure-dents et d'initier ainsi ceux qui n'étaient pas dans le coup.
 
Puis nous regagnons nos lits aux draps propres et frais pour une douce nuit sans coqs qui chantent, chiens qui hurlent ou moustiques qui asticotent.
 

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