Bolivie 2003 : C'est bo la vie !

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J12 - Jeudi 24 juillet : France-Bolivie

On se lève pas trop tard car il faut préparer les sacs : la limite autorisée pour chaque sac est de 8 kg, car c'est le maximum que peut porter une mule de chaque côté. Pas simple, mais on y arrive ! Et c'est donc relativement légers que nous embarquons dans notre minibus, pour nous retrouver... en pleins bouchons ! Eh oui, encore un défilé (il y en a environ un tous les deux jours. C'est l'opium du peuple, ici !). Le temps d'un tour au supermarché pour faire encore quelques provisions et d'un petit beignet à la viande, nous voilà sur les routes plus ou moins pavées qui passent devant la vallée des âmes, avant de partir à l'assaut du massif de l'Illimani. L'arrêt déjeuner ne se fait pas attendre et nous déjeunons face au massif (et dos aux âmes), dans un cadre superbe.

Un petit beignet pour la route (et pour le pantalon...) En toute vers la route qui ressemble pas vraiment... à une route !

 

Déjeuner entre âmes et Illimani Et un petit essai artistique (pas franchement tréussi)
pour tester la fonction de surimpression de mon reflex

Les pistes sont difficiles et montent sec... au point que nous devons descendre à moment donné pour permettre au moteur sous-alimenté en oxygène et sur-sollicité de prendre le dessus sur une pente récalcitrante. Nous arrivons à Tres Rios vers 16h et plantons nos tentes... sur un terrain de foot ! Même si nous ne sommes pas vraiment au milieu du terrain, les jeunes du village, habitués à y jouer, viennent nous voir, plus curieux que réellement mécontents. Finalement, dans un souci d'apaisement et d'exercice préparatoire à la semaine qui arrive, nous décidons de leur proposer un petit France-Bolivie. Bien sûr, plusieurs d'entre eux se joignent à nous (ils sont une bonne vingtaine...).

Notre campement du soir : le terrain de foot de Tres Rios !
Gonflés, les touristes...

Le massif, au loin, entre deux passages de nuages...

Eh bien, le foot à 3 700 m, c'est CREVANT ! Seul Joël tient le choc et marque même trois buts pour notre équipe, alors que Dominique lutte sporadiquement contre la fatigue et que je ne lutte plus du tout, commençant à l'avant, puis au milieu, pour finir allongé par terre près de nos buts, ne me levant que lorsqu'une balle s'approche, puis me rasseyant aussi sec l'action terminée.

Malgré une honorable défaite 5 à 3, nous avons droit à l'interview d'après match, sorte de questionnaire où nous répondons aux questions de la trentaine de jeunes assis en rond autour de nous, dont Joël "'el goleador" me refile la charge peu à peu, sous le prétexte facile qu'il n'y a que moi qui parle espagnol... Pendant ce temps-là, les femmes du village apprennent des jeux locaux (un jeu nommé quelque chose comme "chicachicalumbra", l'épervier, l' "enamorada"...). Les questions sont parfois un peu délicates, notamment dès qu'on parle de salaire... Heureusement, le dîner est prêt et nous permet d'échapper au flux incessant des questions, sans sortir du cadre d'un échange intéressant et sympathique.

Sofia et Mario nous accompagnent encore, tant mieux ! Après un très bon poulet au riz, nous attaquons un univers nouveau : le UNO, ce jeu mythique qui accompagne les voyageurs de tous pays. Evidemment, les explications des règles sont délicates, car chacun applique des règles différentes. Les premières parties sont un peu décourageantes pour les novices... Heureusement, n'écoutant que mon courage, je me sacrifie pour monopoliser la dernière place (euh... Et puis la fatigue, le foot, tout ça, voilà, quoi...).

J13 - Vendredi 25 juillet : Plus on monte, plus il faut redescendre !

Lever 7h, départ prévu 8h, départ effectif 8h35. Ce matin, on monte ! On commence soft, même si Felix, un jeune berger qui monte rejoindre ses brebis dans les montagnes, me fait faire la causette en montant pendant 1/4 d'heure (il devait se demander pourquoi je respirais beaucoup entre deux phrases...).

Petite pause sur la route du sommet.
Vite, nos petites graines !

Whaouuu... C'est beau !
Mais c'est haut, aussi.

Nous montons lentement, longeant d'abondants ruisseaux, avant d'arriver à un plateau magnifique, face à l'Illimani, où broutent tranquillement lamas et alpagas. Les alpagas semblent moins peureux que les lamas... En tous cas, ils sont plus petits et plus trapus, avec de longs poils dont on fait pulls et bonnets d'une grande douceur.

Ca y est...les nuages nous rattrapent !
Une scène qui prendra un caractère quotidien...
 
 
 

On m'avait parlé d'un glacier...
Mais visiblement, ils n'a pas poire-chocolat

Les alpagas... Des lamas angoras !

Puis nous abordons le final : traversé d'un pierrier, puis montée via un ancien chemin inca, pour finir -péniblement- dans une pente très raide et très glissante où l'on est plus souvent à quatre pattes qu'à deux (de plus, passé 4 000 m, l'effort devient vraiment dur). VICTOIRE ! Nous sommes arrivés au col (4 860 m, 53 m plus haut que le Mont Blanc). Bilan des courses : 3h15 pour Xavier, 3h30 pour Nadine, Michèle et Joël, 4h15 pour Emilie, Dominique et moi-même. Pas si mal, en fait ! Les autres nous attendent affamés en haut et nous nous précipitons sur le déjeuner, pendant que de gros nuages enveloppent la montagne (et nous avec).

CA Y EST !!! Aaahhhahhahahaahhh...

Après "Les bronzés font du ski",
voici "Les congelés à la montagne"

Même pas un jour de trek et déjà des victimes...

Mais quel est donc cet étrange animal ?

Le temps se mettant au froid et à la pluie, nous ne traînons pas et entamons la descente. Un trou dans le brouillard nous permet d'entrevoir un troupeau de magnifiques chevaux à quelques dizaines de mètres de là. Et là est prononcée pour la première fois une phrase qui nous suivra pendant presque tout le trek : "Ca doit être joli quand on voit quelque chose...".

La descente est délicate, mais surtout longue : plus de 4h de marche en terrain pas toujours facile (et bien boueux sur la fin), pour arriver enfin, les pieds tout congestionnés et certainement couverts d'ampoules, au village de Totoral (3 500 m) où nous atteignons notre camp... un terrain bien humide, sous lesquels nous montons les tentes sous une pluie battante.

Soirée humide dans notre grande tente verte toute trempée, animée par un UNO peu enthousiaste (serait-on fatigués ?), avant un bon gros dodo à 21h, sous la pluie. Pluie qui tombe toute la nuit sans discontinuer, mais c'est pas grave, bien dormi quand même !!! Faut dire que 2 500 m de dénivelée dans la journée, ça se sent dans les mollets...

J14 - Samedi 26 juillet : La fête à Lambate

Lever à 7h30, toujours sous la pluie. Céréales et miel de canne (dénomination plus poétique pour la mélasse !), puis viennent les enfants qui ont aidé la veille Emilie et Dominique à monter leur tente et viennent chercher une récompense. Heureusement, le paquet de bonbons que j'avais achetés au supermarché permet de leur donner satisfaction et de nous éviter de passer pour des gringos sans aucune parole. La gourmandise a parfois quelques avantages...

Collection AUTOMNE-HIVER 2003
Notre modèle "pluie d'un soir",
original, léger et économique !
Notre équipe est fin prête
pour une nouvelle grimpette sur les sommets...

Nous commençons par une montée en plein brouillard, découvrant au passage une forte odeur de menthe (renforcée par l'humidité) et parfois de brûlé (il a dû faire très très sec... avant ! Au vu des étendues qui ont visiblement brûlé dans des incendies), jusqu'à 3 800 m, avant de redescendre, dans une végétation qui se fait plus présente, vers la ville de Lambate. Hier et aujourd'hui, c'est la fête du village ! Si les festivités sont grandement réduites au vu du temps (très inhabituel pour la saison, pas de bol !), nous croisons quand même la fanfare du village, qui nous accueille avec force tambours et flûtes de pan.

LAMBATE émerge des brumes... La fanfare municipale salue notre arrivée !
Ah non ?  C'est pas pour nous ???
Le restaurant le plus chic de Lambate
(euh... le seul, aussi)
Notre salle à manger... Qui fait buanderie aussi !

Nous nous réfugions dans le kiosque situé sur la place centrale, où nous déjeunons tranquillement, agrémentant notre repas d'un peu de coca (les deux boutiques du village vendent du coca, mais pas d'eau minérale). Humberto nous offre le café dans l'une de ces boutiques, qui fait également resto (mais nous ne goûterons pas les chicarones qui étaient au menu).

Nous empruntons le chemin précolombien "CHUNGA MAYU"
du nom de la rivière vers laquel il descend...

Le départ de Lambate se fait par la route ! Nous croisons au passage deux taureaux tenus de loin par des cordes par des gens du coin, qui nous font signe de nous mettre à l'abri sur le côté. La fête à Lambate a donc son lacher de vachettes (à petite échelle) ! Nous poursuivons notre descente pendant deux bonnes heures, en chantant sous la pluie (nous apercevant au passage qu'on connait le début ou le refrain de beaucoup de chansons, mais jamais le texte complet...). Puis nous quittons la route pour descendre à travers champs via un petit chemin étroit qui nous amène vers la rivière Chunga Mayu. La végétation devient luxuriante ! Dernière difficulté : la traversée de la rivière sur un tronc d'arbre. Ayant franchi haut la main cet exercice d'équilibriste, nous entamons la dernière petite montée vers le campement (10 mn selon Humberto, 1/2 h selon nous), où nous arrivons vers 17h30, 12 km dans les pattes... et une bonne descente (de 3 800 à 2 300 m).

Tombera, tombera pas ? Allumeeeeer le feuuuu !!!

Je rêvais de perroquets et d'orchidées sous le soleil (c'est ce qu'ils disent dans les guides)... Nous voilà sous les nuages. Par contre, on aperçoit un petit vol de perroquets verts au-dessus du camp. C'est déjà çà...

Les mules arrivent peu après, alors que Joël et Dominique s'affairent pour essayer de lancer un feu, chose ardue avec du bois humide... Mais heureusement, Sofia nous prête du kérosène et le feu finit par prendre. Entre temps, Dominique découvre une réserve de bois mort presque sec, que nous nous empressons de récolter pour alimenter notre foyer.

Hhhmmmm, les bonnes chaussettes fumées !!! Le chapeau contre la pluie, les lunettes contre les flammes
la polaire contre le froid et le k-way contre pas grand-chose...
De toute façon, on est trempés !

Ainsi, après avoir installé nos duvets humides dans nos tentes mouillées, nous avons la chance de pouvoir sécher nos affaire autour du feu. On assiste à des scènes surnaturelles de simili-barbecue où chacun tourne et retourne non pas une chipo ou une merguez, mais une chaussette ou un t-shirt au-dessus du feu. Il est inutile de dire qu'après cette séance, on sent tous le cochon grillé (et mouillé !).

Le bilan de la journée : toujours autant d'eau (nos duvets ne sont plus épargnés), quatre chutes (Nadine, qui début une série de bains de pieds, Xavier, qui a dû aller trop vite, Michèle, qui a souhaité se rapprocher de la nature, et moi-même, qui ai trouvé moyen de chuter... sur la route pavée !!!), pas mal de fumée... et une défaite de plus au Uno (l'humidité, ça fait coller les doigts aux cartes...).

J15 - Dimanche 27 juillet : la forêt enchantée

L'humidité est toujours au rendez-vous le matin, mais le ciel est bleu ! La motivation de certaines a été quelque peu érodée par les conditions climatiques (pour ma part, j'ai attrapé un bon rhume !) et la montée vers les hauteurs est dure pour les jambes et les esprits. Après la traversée du (tout) petit village de RANCHERIA, nous montons jusqu'à une aire de repos où nos nous reposons près d'une mini-chapelle. LA végétation est carrément tropicale : grandes fougères, lianes, bruits d'oiseaux bizarres, chemins boueux parsemés de flaques. La température se rafraîchit au fur et à mesure... Et le brouillard se renforce, ajoutant au côté fantomatique du paysage.

Expédition dans la jungle mystérieuse... Déjeuner dans le brouillard... et au milieu des bouses !

Arrêt-déjeuner à 3 500 m (encore une sacrée montée ce matin !), au milieu des bouses de vache (on bouge le moins possible pour éviter un 'splash'...). Et c'est reparti, via un chemin encore plus boueux, par un temps encore plus froid. Après la phase 't-shirt' optimiste du début de matinée, on est à nouveau emmitouflés dans nos polaires. Notre résistance est mise à rude épreuve. Pour ma part, j'en mets le genou à terre, alors que Nadine met le pied dans l'eau... Heureusement, l'étrangeté du décor et les cris bizarres des oiseaux jaunes que nous apercevons nous redonnent du baume au coeur.

Vers 15h, nous arrivons sur le lieu de notre campement, non loin de fort jolies cascades et dans un décor que l'on croirait tiré d'un conte celtique, du genre forêt magique, toute d'eau, de verdure et de mousse, où l'on ne serait (presque) pas surpris de rencontrer elfes et farfadets. D'ailleurs l'attente des mules est l'occasion pour les intéressés de poursuivre dans la découverte de la PNL (avec la visualisation des faisceaux de couleur), sous la bienveillante direction de maître Dominique.

Dès le campement installé (après une partie de golf pour débarrasser les lieux des innombrables bouses de vache) sur ce lieu nommé TRAPICHE, nous nous installons sous la tente pour moult discussions et jeux de cartes jusqu'au dîner, aujourd'hui constitué de lama aux petits légumes.

J16 - Lundi 28 juillet : mais elles sont où les truites ?

L'humidité est toujours au rendez-vous le matin, mais le ciel est bleu et dégagé (comme la veille, me direz-vous...). Nous prenons le temps de faire sécher tentes, duvets, gants t-shirts, chaussettes...

AVANT (le soir) ... APRES ! (le matin)

Et c'est parti pour une nouvelle montée ! Assez ardue (on commence à être habitués), mais très jolie ! (le soleil aide en ce sens, ainsi que le fait qu'on y voie à plus de 10 m...) La pause de 11 h est l'occasion d'une petite grimpette en haut d'un mini-sommet pour Xavier et Nadine (comme si y'avait pas déjà assez de montées comme çà...).

Encore un petit col et... nous voilà en vue de la laguna KASIRI, à presque 4 000 m, lieu du déjeuner et du campement. C'est très joli ! Et de plus, le déjeuner est agrémenté des fameux steaks hachés aux herbes de Sofia... Excellent ! L'humeur est à nouveau au beau fixe et nous plongeons tous... non pas dans le lac, mais dans une léthargie digestive pas désagréable. Mais évidemment, ça ne pouvait durer. Les nuages, qui semblaient nous avoir oubliés aujourd'hui, surgissent de derrière la montagne et font chuter singulièrement la température.

Nous voilà bientôt frigorifiés de nouveau. Raison de plus pour aller se balader. Humberto nous emmène voir l'autre lac, un peu plus haut (enfin, à 4 200 m, soit une "toute petite" dénivelée), où l'on peut trouver des truites. Du moins en principe...

Après avoir cherché en vain dans tous les recoins, nous arrivons à la conclusion qu'il fait trop froid pour les truites ! (alors pour les touristes, je vous dis même pas...)

Comme c'est le dernier soir où on couche aussi haut, Humberto nous prépare le SINGANI..

Comment Préparer le SINGANI bolivien ?

Mettre un bon litre d'eau à bouillir sans tarder
D'un très bon SINGANI, la bouteille déboucher
Retirer l'eau du feu, puis l'alcool y verser
Une demi-tasse de jus de citron ajouter
D'au moins 10 bonnes cuillères de sucre, saupoudrer
Pendant deux bonnes minutes, le nectar mélanger

Le SINGANI, maintenant, est prêt à consommer
Laisser ce fluide magique doucement vous réchauffer...


SINGANI ! SINGANI !
L'élixir de chauffage...
On jouerait presque au UNO en t-shirt après !
Ou en tous cas, avec juste 4 épaisseurs...

Il a fait froid cette nuit-là, mais moins que dans le Sud Lipez. Et puis grâce au Singani, la nuit fut paisible ! Seul un petit orage a sévi, occasionnant une montée du niveau des flaques présentes de-ci de-là dans le campement. Heureusement, pas trop haut !

J17 - Mardi 29 juillet : le chemin de l'inca

Nous quittons notre beau site de camping et ses flaques luisant au soleil pour attaquer la dernière montée (enfin, la dernière GRANDE montée) de notre périple. La fatigue est présente dans les esprits et les jambes, mais la perspective de ne plus avoir que du plat et de la descente est suffisamment motivante pour que nous atteignons le col de KASIRI (4 160 m) assez rapidement. Nous ajoutons notre pierre au gigantesque kern qui s'y trouve, puis soufflons quelques minutes en admirant la silhouette accidentée du tout début des Yungas (donc de la forêt amazonienne).

Dans les pas des incas
(sauf qu'ils allaient sûrement plus vite...)
Le feu du jour...
Tiendra, tiendra pas ?

La descente peut commencer. Bon, on aurait dû nous en douter, il s'agit plus d'une succession de montées et de descentes que d'une douce et confortable descente. Nous sommes néanmoins sur le chemin précolombien de Yunga Crùz, utilisé par les incas pour faire parvenir en temps et en heure la rançon de leur chef de l'époque aux espagnols (qui tuèrent le chef malgré tout... Quels mauvais joueurs !) .

Nous serpentons ainsi agréablement le long des montagnes et sur les lignes de crète. On aperçoit au loin (très loin) deux condors. On est sensés en voir plus (et surtout de plus près), mais entre le brouillard et les nuages, difficile de voir quoi que ce soit. On aperçoit par contre quelques "marias", rapaces de plus petite taille, qui se lèchent les babines à l'idée de déguster les reliefs de notre déjeuner. D'autant qu'aujourd'hui, l'invité est le saucisson à l'ail !

Nous avons à peine le temps de digérer un peu et d'admirer la silhouette de la forêt qui s'étend à nos pieds, que des nuages facétieux remontent pour nous rafraîchir les idées et nous plonger dans le brouillard. C'est le moment de repartir ! Nous passons l'après-midi à changer de vêtements : imperméables, chauds, froids... Rarement vu le temps changer autant de fois en aussi peu de temps.

Arrivée 15h15, après avoir enfin pénétré la forêt, nous débouchons dans une petite clairière garnie de paille, mais où sévissent de petites mouches noires (qui piquent) fort désagréables ! Devant la fraîcheur de m'endroit, nous relançons une opération "du bois pour avoir moins froid" et récupérons tout ce qu'on peut trouver de bois vaguement sec aux alentours pour faire un feu, qui malheureusement ne prend guère. On se réchauffe en parlant bouffe ! (constante des groupes UCPA, à moins que ce soit moi qui soit obsédé...)

Les mules arrivent assez longtemps après, sous la pluie. Pluie qui se transforme ensuite en un crachin digne de Quiberon. On aura vraiment eu tous les temps !

Notre dîner se compose ce soir de steak-frites ! Bravo Sofia, arriver à cuisiner aussi bien dans ces conditions... Pas de Uno ce soir, car demain, on se lève tôt.

J18 - Mercredi 30 juillet : Operacion Paramilitar

Ahhh... Quelle joie de voir le paysage !
Un privilège du matin...

Lever 7h moins dix et déjeuner rapide; A 8h15, tout le monde est sur la route... Peut-être un peu trop rapidement d'ailleurs : les chutes se succèdent... et Dominique se retrouve avec une jambe amoindrie. On profite d'une clairière un peu plus loin pour se trouver des bâtons.

C'est de la vraie marche dans la jungle, avec l'obligation de regarder sans cesse en haut, en bas, en haut, en bas, enhh... AIE.... En b... PLOUF ! Bref, on progresse assez lentement sur un chemin pour le moins réduit en taille. De la vraie forêt, quoi ! Impressionnant. Parfois, un petit point de vue nous permet de constater qu'on est au bord d'un ravin. Peut-être vaut-il mieux ne rien voir, en fait !

A travers la jungle mystérieuse,
nous avaonçons au péril du danger...
Qui sait ce qui nous guette derrière un arbre ?
Jaguar ? Puma ? Anaconda ?
A force de ne pas sortir de la forêt...
on se rend à peine compte
qu'on sort des nuages !

Notre arrêt-déjeuner se fait vers midi trente dans une clairière nommée ARTILLERO. Surprise : du silpancho (escalope très très fine panée et grillée ! Délicieux. De plus, Humberto nous a coupé artistiquement de belles tranches d'ananas frais. Quel festin ! Une petite sieste (la matinée était éprouvante) et on repart vers 1h. Marche assez dure, toujours en pleine jungle, avec un final quelque peu épineux où je reste le visage accroché à des ronces ! Grrr... Ras le bol !

Après quelques glissades, accrochages et autres trébuchages, nous arrivons enfin en vue de Chullumani, de l'autre côté d'une vallée ensoleillée... Et c'est un vrai son et lumière ! La fanfare de la ville est visiblement en train de s'entraîner pour la fête nationale (le 6 août) et ses percussions réssonnent dans toute la vallée de manière quasi-ininterrompue. Euh,... vous croyez qu'ils arrêtent, la nuit ?...

Notre dernier lieu de campement a semble-t-il été quelque peu envahi par la végétation et Humberto s'emploie à défricher à la machette des emplacements pour planter les tentes. Tiens, un tuyau avec de l'eau ! Nous vopilà revenus à la civilisation. Lavage facial et capillaire pour ceux qui veulent (j'en avais marre d'avoir le cheveu lourd de crasse, d'humidité et de fumée...).

Sofia et Mario mettent le couvert... ...pour la dernière soupe du trek !

On s'attendait à un festin pour le dernier soir (surtout après le coup du silpancho ce midi), mais, non... rien de spécial ! Soupe, boeuf, riz et patates. Un peu déçus... Tiens, pour la peine, je gagne ma première partie de Uno, après une impressionnante série de défaites consécutives ! La proximité de la civilisation me redonne de l'énergie (et avec les doigts non gelés, on distribue plus vite !).

J19 - Jeudi 31 juillet : Retour à la civilisation... ou presque !

Lever 8h, après une nuit où on n'a pas eu froid (ça fait pas de mal). Dernier petit dèj sous la tente, dernier rangement du matériel, tranquillement, avant de commencer notre descente vers le fond de la vallée. Après un passage sec entre ronces, rocaille et arbustes, nous entrons dans un paysage enchanteur fait d'orangers, de citronniers, de caféiers, de bananiers et de plantations de coca. Nous allégeons quelqeus branches au passage et apprécions le bon goût des producitons locales. Les citrons sont surprenants : un goût très peu acide, qui ressemble à de l'orgeat ! Assez spécial... Par contre, les oranges sont délicieuses. Quant au café, son goût à l'état naturel ne ressemble évidemment guère à l'essence de nos expressos.

Le dernier petit dej sous la tente...

Nous parvenons à la petite rivière qui coule tout en bas vers midi et nous nous installons dans cette atmosphère fraîche et humide (fort appréciée des insectes, notamment des moucherons piqueurs !). Néanmoins, notre dernier pique-nique ne s'éternise pas, car les mules finissent par nous rattraper ! Eh oui, on flâne dans les bananes et on baille dans les papayes... et on se fait rattraper par notre service logistique à quatre pattes. Mais quoiqu'il en soit, les mules vont un peu moins vite que nous, quoique... Les muletiers nous font signe de les dépasser par le côté... mais je veux pas dépasser, moi, j'ai déjà du mal à suivre... Si ? Vous êtes sûr ? Bn bah je vais essayer, aarf, arf, arf... Pffouuuu, comme si c'était déjà pas assez raide comme çà !

Après une bonne demi-heure de grimpette bien dure (et dire que je pensais les dernières difficultés passées!), nous arrivons enfin au bout de nos peines : la ROUTE ! Et quelle route... Bordée de flamboyants en pleine floraison, de bougainvillées au violet intense, de magnifiques arbres et plantes, survolée par des perroquets et autres oiseaux exotiques... Vers 14h, nous pénétrons dans l'hôtel MONARCA, où de jolis bungalows, une grande piscine et deux perroquets multicolores nous attendent.

Les flamboyants flamboient... CHULLUMANI, nous voilà !

Par contre, pour la douche chaude, faudra repasser : il y a une coupure d'eau généralisée à Chullumani, suite à la rupture d'une conduite. On a offensé les dieux de la montagne ou quoi ??? Qu'à cela ne tienne, on peut bien rester encore un peu sales, on n'est plus à quelques heures près. La plupart d'entre nous décident donc d'aller faire un tour au centre-ville.

Chullumani est une ville charmante, où les fleurs et les couleurs sont omniprésentes et où semble régner une certaine douceur de vivre. Par ailleurs, on constate la présence de nombreuses personnes au type métissé indien-africain, ce qui fait assez bizarre, notamment pour les femmes, qui ont toujours le look andin avec jupe à l'ancienne, grosses chaussettes et petits chapeaux...

Les flamboyants flamboient... CHULLUMANI, nous voilà !

Premier plaisir de la civilisation : consommer ! La heladeria (glacier) OASIS nous accueille et nous propose sa spécialité : la coupe de glace trois parfums cannelle, orange et vanille. Toutes sont bonnes, mais la cannelle (qui est violette) est excellentissime !

La place du village, calme et colorée. La heladeria OASIS...
Les rois de la glace cannelle !

Après une petite visite de la ville, nous redescendons tranquillement vers l'hôtel, longeant au passage le terrain de foot, où nous nous asseyons dans l'espoir d'assister à un match d'entraînement, toute l'équipe locale étant sur le terrain. Mais au bout d'une demi-heure, nous repartons sans avoir rien vu d'autre qu'un l'entraîneur très sûr de lui qui parle, qui parle, passant sans arrêter son discours d'un joueur à l'autre (on se demande comment ils font pour ne pas s'endormir). Vraiment pas sûr que Chullumani gagne beaucoup de matchs cette année s'ils s'entraînent tous les jours comme çà...

Petite mise en garde au passage à tous les futurs visiteurs de la ville : NE METTEZ PAS DE SHORT !!! Enthousiasmé par le décor et la chaleur (et rebuté par la demi-tonne de crasse véhiculée par mon pantalon), j'ai eu la mauvaise idée de mettre un short pour aller en ville... Résultat : une trentaine de piqûres sur chaque jambe, provenant des petits moucherons jaunes orangés qui volent régulièrement autour de nous. Par contre, le 'Cinq sur cinq' marche bien : rien du tout sur les zones protégées.

De retour à l'hôtel, après encore un peu d'attente, miracle : nous avons de l'eau ! C'est l'heure du grand nettoyage. Deux, trois, quatre shampooings ont raison de la majeure partie de la crasse accumulée. Nous sommes tout frais pour attaquer... l'apéro ! Au resto de l'hôtel, nous dégustons jus de frutilla (fraise des bois) ou de platano (banane) avec du lait, coca ou simple bière... Nous renouons avec plaisir avec cette forme de convivialité urbaine.

Puis c'est l'heure du dîner, toujours au resto de l'hôtel, où nous est servie la traditionnelle soupe, suivie d'un succulent émincé de boeuf, le repas terminant par une mousse de frutilla (bôf, pas le top, les desserts boliviens). Le tout... aux CHANDELLES ! Eh oui... Non, ce n'est pas qu'on ne veuille pas perdre les bonnes habitudes du trek, mais juste une... panne de courant dans la moitié de la ville ! Après l'eau...

Qu'à cela ne tienne, nous décidons d'aller faire une virée en ville. La lampe frontale sur la tête, nous partons dans l'obscurité à la recherche de l'animation nocturne chullumaniesque. Peu d'activité sur la place principale, mais Joël détecte du bruit non loin de là... Un match féminin de foot à quatre ! Visiblement, c'est un tournoi local où les équipes se rencontrent pendant deux fois dix minutes. Nous restons jusqu'à la fin du match et la mi-temps du suivant, puis repartons, satisfaits de cette tranche de vie 100% bolivienne ! (le foot est partout ici) Nous regagnons nos bungalows à 23h, sans que le courant soit revenu. Tant pis, demain, il fera jour !

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