Bolivie 2003 : C'est bo la vie !

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J6 - Vendredi 18 juillet : Cañapa de lumière, on voit rien

Lever à la fraîche. On déjeune, on remballe et on lève le camp vers 8h30. Après une dernière séance photos des plus artistiques (jeux d'ombres magistraux, effets de perspective hautement artistiques) dans une partie du salar bizarrement sans 'écailles' (ce qui lui donne un aspect 'lac gelé', mais avec des sortes de petits boutons du genre varicelle), nous sortons du désert salé et fonçons vers le sud, en longeant de petites montagnes.

Ze team on ze salar with ze stupid poses...

Le trajet est ponctué de quelques arrêts : arrêt lama, arrêt vigogne (ces cousins du lama ont des air de gazelles, superbes ! Mais farouches...), arrêt réparation du camion (eh oui). Nous passons par 'Colcha K', sorte de base militaire spéciale 'vous allez en baver', avant de traverser plusieurs kilomètres de no man's land parsemés de bouteilles vides et de sacs en plastique... C'est vraiment l'Alticrado !!!

Petite halte sur le bord du salar...
Désert beige et Colcha "K"

L'heure de midi approche et notre étape aussi : San Jun de Rosario, petite ville loin de tout (et pas proche du reste), où les quelques centaines d'habitants cultivent le quinoa (seule céréale suffisament robuste pour pousser dans le coin) et élèvent des lamas. Le temps pour Sofia et Mario de préparer le repas, nous partons visiter la ville et saluer les lamas près du point d'eau. Nos amis lamas prenant avec une certaine hauteur nos prétentions artistiques, ils ont tendance à partir avec enfants et bigoudis (toujours le signe de marquage du propriétaire). Nous faisons de même et regagnons la salle à manger de la maison d'hôtes qui nous accueille en ce midi ensoleillé.



Whaouuu... Impressionnant comme décor !
Petit lama, mais déjà du caractère !
Nos amis lamas et leurs "boucles d'oreilles" !

 

La flamme en rose

Une fois la salade engloutie avec appétit, nous reprenons notre route à travers le désert. Nous traversons le petit salar de CHIGUANI (pas grand chose à voir avec le précédent), passons non loin du majestueux volcan OGINA et de plusieurs autres (d'où parfois montent des fumeroles), puis d'autres paysages, changeant avec les kilomètres : décor de western avec petites touffes d'herbe éparses, sol martien 100% pure rocaille, mettant à rude épreuve notre camion qui doit souvent se contenter d'un petit 20 km/h.



Coca-cola est partout !
Les lama de San Juan
Face aux touristes et leurs appareils
qui font clic-bzzzt...

Nous passons une dernière colline pour arriver à la laguna Cañapa, où nous sommes salués par un renard (qui part sans demander son reste) et par un vent frais pas très encourageant pour le confort nocturne. En tous cas, le site est superbe : la laguna (petit lac d'altitude) est entourée de montagnes enneigées et squattée par une troupe de flamants (avec un t, sinon c'est en Belgique !) roses (qui se nourrissent des micro-organismes présents dan le lac).

Whaouuu... Impressionnant comme décor ! "Alors, cette balade autour du lac ???
Oh, ça va... Vite un Singani !!!"

Après avoir hâtivement planté la tente, nous partons explorer les lieux, l'appareil photo à la main et avides de se dégourdir les jambes après une longue après-midi à se faire chahuter passivement par les cahots de la route. Nous entamons donc un tour du lac par la face sud, à la poursuite du flamant vert... euh, non, rose. Nous progressons sur un sol pour le moins accidenté, constitué de mousse spongieuse, de terriers de rongeurs, de flaques d'eau, de boue, de sel, de neige, de meringue (en tous cas, c'est l'impression que ça donnait) et de substances minérales mousseuses non identifiées, rendant chaque pas plus périlleux (Michèle en profite d'ailleurs pour tester subrepticement la température de l'eau : pas spécialement chaude, mais surtout... humide !).

Le lac n'est pas si petit qu'il n'y paraissait au départ. Nous marchons, nous marchons et une boue impure abreuve nos sillons de chaussure. Le soleil se couche lentement et nous avons l'impression d'être encore carrément loin du but. Nous hâtons le pas, soucieux de ne pas susciter l'inquiétude de notre guide, mais en ayant l'impression que c'est en fait vraiment, vraiment plus long que prévu. Il fait presque nuit et nous marchons toujours. Une lampe finit par s'allumer au loin : Humberto a dû commencer à s'inquiéter et nous donne un repère. Nous hâtons encore le pas, volant quasiment de plaque de sel en une plaque de terre, au risque de tomber dans les trous, de glisser dans la boue, de nous retrouver le nez dans la laguna... Puis c'est la jonction libératrice avec Humberto, venu à notre rencontre (Xavier l'a prévenu, arrivé -comme d'habitude- un bon quart d'heure avant nous) avec une lampe torche salvatrice. Vite, un bon dîner pour nous remettre de nos émotions...

D'après Humberto, on est le premier groupe (qu'il encadre) à le faire. Ah, ces francais... Amis voyageurs qui désirez faire le tour de la laguna, prévoyez 1h30 minimum ! Au moins, nous n'avons pas froid. Et puis Humberto a u le temps de nous concocter le SINGANI !!! 'Grog' local fait à base d'alcool de raison (le Singani), d'eau chaude, de sucre et de jus de citron, c'est... très bon ! Les couches successives des uns et des autres s'enlèven progressivement, puis la soupe aux légumes achève le réchauffage généralisé. Et nous sommes gâtés : des macaronis bolognaise !!! Excellentissimme, mais un peu copieux... Il reste peu de place pour les bananes flambées. Quel festin ! Par contre, le froid commençant malgré tout à se faire sentir, personne n'ose prendre de maté ni de thé, de peur d'avoir à se relever pendant la nuit. La dame de pique poursuit la soirée jusqu'à refroidissement total des bonnes volontés, vers 22h.

La dame de pique à la bougie : un art de vivre !

 

A signaler, le passage d'un camion de mineurs qui travaillent dans le coin, s'installant pour dîner à côté de notre tente-salle à manger en laissant tourner leur camion (pour ne pas qu'il cale), nous gratifiant d'émissions de gaz d'échappement particulièrement nocives. Certains d'entre nous sont partis tenter de négocier un déplacement, pour revenir un peu dégoûtés en ayant vu qu'en fait eux mangent DIRECTEMENT derrière le camion, en plein milieu des vapeurs toxiques. Soit ils sont blindés, soit on est vraiment des chochottes... En tous cas, par rapport aux boliviens !

J7 - Samedi 19 juillet : Le rouge et le blanc

C'est joli ! On en oublierait presque qu'on est en vacances d'été...


Ahhh, les flamants flânants sous la neige...

Après avoir eu froid,
les appareils photo chauffent !



Ce matin, c'est Nadine qui nous réveille aux cris de "Venez voir, c'est magnifique, les flamants sous la neige". Le processus de décision est quelque peu délicat pour ma part, car tiraillé entre "Ouis, super, vite, enfile une polaire et prend ton appareil photo" et "De la neige ? Manquait plus que ça. Recouche-toi vite avant de choper une pneumonie...". La sensibilité artistique triomphe rapidement et en 25 secondes, je suis hors de la tente, l'appareil aux aguets. Quelques photos (et un petit dèje) de plus et nous levons le camp pour... l'autre côté de la colline, où nous attend la laguna Hedionda, plus grande, plus fournie en population flamantrosesque, où nous avons eu moult occasions d'utiliser nos pellicules (le décor enneigé fait également beaucoup pour la majesté du site).

LAGUNA HEDIONDA

 

La matinée voit s'enchaîner les déserts... 11h, désert de petits cailloux roses, 11h15, désert de sable brun et rose, 11h30, entrée dans le désert de SILOLI, 12h, arrêt photos dans un décor lunaire (avec juste beaucoup plus de vent... Enfin je crois, 'jamais été, moi , sur la lune, z'êtes marrants...), 12h, désert avec vigognes, 12h30, désert avec dessert... C'est à dire pause déjeuner.

Après le succès des "bronzés font du ski",
France-Bolivie productions présente "les congelés mangent du riz"
Même Joël a froid... Ahhh, une bonne pastèque...
Que c'est rafraîchissant !

On en profite pour voir de près les viscachas, beaucoup moins peureux ici et visiblement habitués à recevoir quelques feuilles de salade de la part des touristes. Notre déjeuner à nous est des plus rafraîchissant, avec avocats et pastèque qui, il faut bien le dire, ne rencontrent pas un franc succès, la température ambiante ne nécessitant pas spécialement une action rafraîchissante... Enfin, on a échappé aux glaces, c'est déjà çà !

Le viscacha, sorte de lapin aux faux-airs de marmotte Hmmm, la bonne salade...
Merci les touristes !

On remballe rapidement, frigorifiés, pour nous arrêter quelques kilomètres plus loin à l'"arbre de pierre", lieu où d'étranges formations rocheuses ont été façonnées par le temps et l'érosion. Très joli, mais très froid, alors on ne fait pas long feu. D'autant que le site est des plus fréquentés (au moins 3 ou 4 voitures à la fois, quelle foule !!!).

Même s'il est très joli,
l'arbre de pierre nous laisse de glace...

Faut dire qu'avec ce vent, on comprend
que même la roche ne résiste pas !


A travers le désert, notre saga continue pour atteindre la laguna Colorada vers 15h. Nous nous installons dans le "refuge" (très, très sommaire) avant de partir non pas pour le tour du lac (prévoir la nuit, et puis de toute façon on a déjà donné), mais pour aller voir de plus près cette fascinante étendue d'eau rougeâtre et ses inévitables flamants. Nous marchons, les pieds dans les substanes toxiques (il y a toutes sortes de trucs pas très bons dans ce lac, dont notamment de l'arsenic !). MAGNIFIQUE !!! De près, de loin, d'en haut, d'en bas, avec ou sans flamants, avec ou sans volcans, c'est très très beau.

Arsenic, borax et autres substances hautement toxiques
constituent la substance blanche aux allures de meringue
qui bordent la laguna

Nous finissons quand même par rebrousser chemin, bientôt à cours de pellicule et... effrayés par les gros nuages gris qui se rapprochent dangereusement. Saison sèche, hmmm ? Déjà qu'il a neigé la nuit dernière... Nous nous réchauffons autour d'un thé (ce coin est réputé pour être le plus froid de Bolivie, on l'appelle la 'sibérie bolivienne' avec des pics fréquents à presque -40°C...), avant de nous adonner à diverses activités : PNL (les faisceaux), lavage de pieds, photo de lama... Jusqu'au repas, une fois encore très réussi (soupe, côte de porc purée et riz au lait), une dame de pique et au lit, bercés par les ronflements spectaculaires de certains.

J8 - Dimanche 20 juillet : Le soleil a rendez-vous avec la lagune

Le petit déjeuner est aujourd'hui agrémenté de porridge ! Simple hasard du programme ou signe que la journée va être gourmande en calories ? Le paysage est recouvert une fois encore d'une fine pellicule de neige et nos chauffeurs ont allumé -comme chaque matin- le réchaud à gaz sous le moteur du camion pour le réchauffer... Le brouillard règne en maître sur le paysage comme sur nos esprits. Dominique est carrément malade. Trop mangé ? Mal dormi ? Estomac fragilisé ? Nous roulons dans une épaisse brume pendant près d'une heure quand... miracle, nous sortons de l'océan de nuages et nous retrouvons dans un paysage magnifique et complètement dégagé ! Arrêt photo à 4800m, dans un décor grandiose, marchant sur des cailloux rouges tout droits sortis d'un film sur mars.

De mars, nous passons à un autre endroit digne des meilleurs films fantastiques avec la zone géothermique de "Sol de Mañana" (soit 'soleil du matin' ou 'soleil de demain', ça ferait un bon titre de film, ça aussi). Nous nous baladons, dans une ôdeur persistante de soufre, au milieu des cratères bouillonnants, des fumeroles, des mini-geysers colorés de rouge, de jaune, de blanc, de gris... Un décor surnaturel qui rappelle la Nouvelle-Zélande aux uns (enfin, à moi) et l'Islande aux autres.

Un décor fascinant !

Enfin sortis de la mer de nuages !
Allo la base ? Nous avons découvert un spécimen étrange.
Il est couvert de terre et de bouse de vache
et il a une étrange chevelure qui ressemble à des poils de lama...
Non, il n'a pas l'air dangereux...

 

Ca fume de partout ! Gloub... Blurbs... Schlbbbblllurcchh...

 

Emerveillés et réchauffés par toutes ces fumées chaudes, nous repartons pour une autre manifestation géothermique, non loin d elà : les "termas de Polques", site où l'eau jaillit chaude dans de petits baassins très pratiques pour prendre un bain. Ce que font Humberto, Nadine, Michèle et Joël sans hésiter. Pour ma part, je me contente d'y réchauffer mes pieds. De toute façon, il faut bien quelqu'un pour passer les serviettes et prendre les photos ! Et puis se baigner c'est bien, mais bonjour la température en sortant... Le décor est quand même recouvert de givre.

Aaahhhh... Quel bonheur !
De l'eau claire, un peu de chaleur...
Bon, par contre, dehors, c'est pas la canicule...

 

Réchauffés et réconfortés par cette chaleur venue des entrailles de la Terre, nous repartons vers de nouvelles aventures. Vers 11h30, nous nous arrêtons au loin des 'roches de Dali', grosses roches aux formes bizarroïdes sculptées par l'érosion et posées au milieu de rien du tout comme pour une expo en plein air... Petite marche d'approche, mais c'est loin ! Après 20 mn de marche, je suis encore loin des roches et déjà carrément loin du camion. Je décide que c'est mon télé-objectif qui fera le reste du chemin et rebrousse chemin après quelques clichés. Xavier-Speedy-Gonzales, qui était presque arrivé au but, se voit contraint de revenir par un klaxon insistant du camion, qui reprend bientôt son sprint dans un désert de sable bicolore.

La laguna du bout du monde

Un sacré paysage !
Et juste derrière, le Chili...


Quelques roches, un peu de sable, les volcans qui se succèdent, puis nous atteignons enfin la LAGUNA VERDE. Magnifique... Un vert prodont et pur, cerclé de blanc (causé par les minéraux et l'écume provoquée par le vent) avec la silhouette conique quasi-parfaite du volcan LICANCABUR en toile de fond. De l'autre côté, c'est le Chili ! Malgré le soleil qui joue à cache-cache avec les nuages, nous prenons quantité de photos, jusqu'au déjeuner qui a lieu... dans le camion (on nous évite l'expérience de la veille, consistant à manger dans le froid et le vent à côté du camion. Au menu steack haché aux petites herbes, légumes crus et cuits... Très bon, une fois encore). L'occasion pour Emilie de nous montrer qu'elle maîtrise le fonctionnement du distributeur de moutarde... euh... Ah, non, pas encore. Nadine a les mêmes problèmes avec son flacon antibactérien pour les mains... Pourtant, il bouge pas le camion !

 

 

Déjeuner au chaud...


C'est les yeux et l'estomac bien rempli que nous repartons, saluant une dernière fois la majestueuse silhouette du Licancabur, fonçant à travers l'étrange champ de pierre qui sert d'antichambre à ce joyau du bout du monde qu'est la Laguna Verde. Quelques vigognes, une nouvelle laguna, un désert de sable gris 100 % volcanique, puis nous subissons une petite tempête de neige (avec le soleil en même temps, très joli). Nous passons un col à 4 900 m avant de redescendre dans un superbe décor de pierres rouges et jaunes, via une piste qui serpente vers de somptuseuses montagnes enneigées à la tête perdue dans les nuages. Nous arrivons vers 16h30 sur notre site de campement : une barrière rocheuse (protectrice contre le vent fort incisif dans le coin) à 4580 m exactement (merci Xavier pour les indications au GPS).

Le paysage vu de la chambre à coucher...


Michèle et Xavier partent faire un tour là-haut sur la montagne au-dessus...Et reviennent deux heures plus tard, après une descente nocturne périlleuse qui vaut quelques épines dans les gants à Michèle !

Comme il fait vraiment FROID, nous avons une fois encore droit à du SINGANI. Yahouuuu !!! L'équation est sans appel : singani + froid glacial = pas de dame de pique et tout le monde au lit à 21h15. La nuit est marquée tout d'abord par un sacré froid, puis ensuite par le bruite de petites choses qui tombent sur la tente avec insistance, que j'identifie rapidement comme des flocons de neige. Ca promet ! Au moins, ça signifie qu'il fait moins froid...

J9 - Lundi 21 juillet : Neige, soleil et étoiles

Dominique a retrouvé la forme ! C'est à nouveau lui qui nous réveille en vantant le paysage enneigé. Et en plus c'est vrai : le campement est recouvert d'une couche de neige de 5 cm (selon la police et 10 selon les organisateurs). C'est très joli, mais bon, on remballe vite fait histoire de se réchauffer, puis on part devant à pied, le temps pour notre camion de laisser chauffer son vieux moteur disesel. On se croirait carrément au ski ! Le camion nous récupère... pour nous déposer un peu plus loin afin d'admirer la lacuna Colorada sous la neige. Splendide !

Le voyage se poursuit dans un paysage enneigé... jusqu'à ce qu'un arrêt technique d'une petite heure pour réparer un amortisseur. Nous décisons de marcher un peu (d'autant qu'il n'y a pas de neige ici, la neige s'étant arrêtée juste sur la montagne d'avant), ça fait du ben de se dégourdir un peu les jambes à 4 600 m, entre buissons et lamas. Le camion nous récupère au passage pour nous ramener dans un paysage plat, jusqu'à atteindre el VALLE DE LAS PIEDRAS (la vallée des pierres) où nous faisons un peu d'escalade, puis un peu d'exploration dans cet étrange paysage tout de roche (qui n'est pas sans rappeler Arches et d'autres sites de l'ouest américain), avant un déjeuner tranquille, composé des désormais traditionnelles crudités et d'un peu de... saucisson à l'ail.

VALLE DE LAS PIEDRAS

"  Toutes ces formes étranges
Sculptées par les années
C'est cool quand on mange
On dirait la télé "


C'est donc l'haleine rafraîchie que nous repartons dans un paysage assez différent des jours précédents : après une fort jolie laguna et son cortège de flamants habituel, nous évoluons dans un décor digne d'un jeu vidéo (thème : l'Altiplano), àt avers d : routes sinueuses, troupeaux de lamas et de moutons, plaines sèches aux touffes d'herbes jaunies par le soleil, majestueuses montagnes enneigées en toile de fond... Nous arrivons près d'un cours d'eau et faisons halte pour la nuit dans un cadre idyllique : petite barre rocheuse pour se protéger du vent (mais bon, cette fois, il n'y en a pas), cours d'eau au bleu profond où canards et mouettes continuennt leurs abblutions du soir malgré notre présence, splendides montagnes au loin, lumière du soir qui amplifie les formes et embellit le décor... Nous partons nous balader, mais Humberto nous propose d'utiliser le trajet du camion jusqu'à Alota (petite ville non loin de là) pour faire un tour en ville.

L'Altiplano :
un peu d'Alti,
pas mal de plano...
 


A gauche : notre chambre à coucher
pour la nuit
 

Nous visitons ainsi de long en large cette (petite) ville qui abrite de nombreux touristes (on en croise presque plus que d'habitants, soit bien une quinzaine en une demi-heure...), utilisant la magie de nos pllicules photographique pour immortaliser le soleil couchant sur ce petit coin d'Altiplano. Nous finissons par découvrir le "Centre artisanal" où Emilie achète un bonnet sans même pouvoir le voir (pas de lumière -ni électricité ni bougie- dans le magasin). Quelques emplettes à l'épicerie du coin (du coca -Cola, cette fois- 2 bières et quelques sachets de gâteaux apéritifs salés au quinoa) viendront agrémenter notre repas de ce soir (soupe, mouton et rie, pêches au sirop).

Notre petit coin de paradis Petites maisons sur l'Altiplano.
Pas grand-chose à faire dans le coin !

Alota : la grande ville de la région...
Disons surtout, une grande ville POUR la région !


La dame de pique de l'extrême...

Tente gelée, doigts gelés, seuls les scores flambent !!!

La dame de pique de ce soir se fait sans Humberto, parti faire la fête sous leur tente avec les chauffeurs et l'équipe. Vers 21h15, seuls le plus braves restent pour la "dame de pique de l'extrême", alors que les parois intérieures de la tente brillent de mille peits cristaux de glace. Lorsque les mains sont vraiment trop froides et engourdies pour distribuer (soit vers 22h15), nous regagnons nos duvets glacés sous un ciel fabuleux, où la croix du sud bascule lentement sur fond de voie lactée tellement lactée qu'on cherche des yeux la bouteille.

J10 - Mardi 22 juillet : Uyuni, capitale de la pizza

La nuit a été marquée par trois choses : les bruits de rire et de musique en provenance de la tente de notre équipe qui a visiblement fait la fête toute la nuit (il restait du vin et de la bière...), le froid perçant -à l'affut de chaque carré de peau non calfeutré dans son duvet (c'est au tour de Nadine de ne pas arriver à se réchauffer) et des mouettes dont le rire hystériques nous réveille avant même que Dominique "le muezzin du camping" n'ait le temps de nous jouer sa scène du matin.

La toilette du matin, souis la tente jaune ! Les beignets à l'API
en prenant le soleil...

Un p'tit dej sans pareil !

Le réveil est visiblement très dur pour Humberto, Mario, Ignacio et José. Seule Sofia est au rendez-vous et nous a même préparé de délicieux beignets à tremper dans un coulis de sucre, de cannelle et d'API (couleur rouge violacée), excellent ! On prend notre temps pour démonter le campement, laissant le temps au soleil d'effacer les traces de givre du paysage.

La route du retour vers Uyuni n'est pas vraiment spectaculaire... Notons juste le passage à CULPINA "K", village modèle (c'est marqué sur le panneau), étrange ville très colorée, qui ressemble à un décor de cinéma... Nous nous arrêtpns pour déjeuner à San Cristobal, où le marché municipal (dont l'ôdeur et la température rappellent plutôt une chambre froide) nous sert de salle à manger et où le lama se fait plus coriace que jamais.

L'après-midi est longue, sur les routes poussiéreuses de l'Altiplano et sous un soleil de plomb. Après presque quatre heures de route, nous arrivons enfin à notre attraction de l'après-midi : le cimetière de vieux trains d'Unyni. Un peu décevant : c'est plus une décharge de ferraille qu'un cimetière, mais bon... C'est l'occasion de se dégourdir les jambes avant de repartir pour Uyuni.

SAN CRISTOBAL...
Pas le meilleur endroit pour le lama...




Ainsi va la vie, d'abord ça roule, ensuite ça rouille... Une bonne pub pour la sûreté
des chemins de fer bolibiens !

Nous avons quartier libre jusqu'au dîner ! Nous commençons par... un petit verre dans un des bars de la place principale. Et, et... une pizza ! Après une semaine de lama, de patates et de riz... nous en rêvions. Surtout que eclui de ce midi nous a particulièrement laissé sur notre faim ! Petite balade en ville histoire d'acheter 2 ou 3 babioles : kleenex, cartes postales, nappes indiennes, CD de musique locale, mais surtout... couvertures en polaire ! Quand on a passé une nuit à grelotter, on anticipe mieux la fraîcheur andine.

Bière et Pizza... le retour à la civilisation !
L'éternel singani, présent partout, même sur les murs...

Nous dînons et passons la soirée dans un resto de la même place (donc assez cosmopolite) où une cheminée et un poêle nous permettent d'avoir raisonnablement chaud. Le train arrive pile à l'heure, à 23h50. Il faut dire que c'est l'ESPRESSO DEL SUR. Le panneau d'affichage de la gare mentionne un autre train qui couvre le trajet, mais avec un nom beaucoup moins encourageant : le WAYA-WAYA DEL SUR. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais au train où va l'Espresso, je préfère ne pas savoir ce que fait le Waya-waya...

J11 - Mercredi 23 juillet : Retour à La Paz

L'Espresso a une fois encore 1h30 de retard. Néanmoins, nous avons tous très bien dormi. Il faut dire que le confort était optimal (surtout après une semaine sous la tente) et le chauffage bien actif (sans oublier nos couvertures polaires, on ne sait jamais). Et il faut voir les employés déposer délicatement les couvertures sur les voyageurs endormis... Ce sont les mêmes employés qui toutes les deux heures passent le balai dans les toilettes du wagon (deux toilettes séparées homme etfemme, s'il vous plaît !). C'est autre chose que dans l'avion... De plus, juste avant de nous coucher on nous a apporté un sandwich jambon-fromage chaud, histoire de faciliter l'endormissement par la digestion d'un corps bien gras !

Cargaison d'oeufs à la gare routière d'Oruro...
C'est quoi le record du monde de la plus grosse omelette ?
"Jesus te ama !!!"
Et en plus, il sert de viseur pour les dépassements...

Nous petit-déjeunons en 10 minutes à la gare routière, avant de nous engouffrer dans un bus "panoramique" pour La Paz. Si certains continuent leur nuit, d'autres s'agitent frénétiquement pour finir leurs cartes postales tout en regardant d'un oeil distrait "Le transporteur", film produit par Luc Besson (un oeil distrait suffit amplement pour comprendre l'intrigue de ce film hautement psychologique où explosions, poursuites et prises de karaté se succèdent sans discontinuer). TRois heures et demi plus tard, nous retouvons Eduis à la gare routière de La Paz et regagnons notre cher Hostal Naira, ioù plusieurs shampooings ne sont pas de trop pourretrouver un état présentable avant d'aller déjeuner au resto de l'hôtel. Menu à 10 Bols (soit 9 Francs/1,35 euros) pour tout le monde, sauf pour le gourmand que je suis qui n'a pas décoincé de son idée et commande... une pizza !

L'après midi est passée à se balader dans la capitale, à la découverte des marchés couvets, des étalages présents tout le long des artères principales et des inévitables boutiques touristiques. D'ailleurs la soirée se poursuit dans le même registre : Humberto nous a conseillé un resto un peu plus loin sur les hauteurs, que nos mettons un certain temps à trouver, pour nous apercevoir qu'il est fermé le mercredi... Qu'à cela ne tienne, nous poursuivons notre tour du quartier, admirant les escaliers des ruelles pentues, dans les recoins desquels quelques couples s'enlacent. Presque Montmartre !!! Au final, nous dînons dans un restaurant situé à deux pâtés de maisons de l'hôtel. Au moins, ça nous aura baladés... La plupart en profitent pour goûter la fameuse truite saumonée du lac Titicaca (le lac est réputé pour la perche et la truite... Et nous avons eu invariablement de la perche, alors il est temps de compléter notre culture), ou l'excellente escalope milanaise (très fine et presque aussi énorme que les filets de poisson, qui débordent des assiettes...). Une petie dame de pique pour garder la forme et au lit à... 23h ! Dès qu'on est en ville, tout de suite les excès...

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