Bolivie 2003 : C'est bo la vie !

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J4 - Mercredi 16 juillet :

Grasse mat jusqu'à 7h ! (après le traditionnel mal de tête de 3h du mat) pour une matinée balade dans La Paz et ses magasins. Au menu, pulls en alpaga, hamacs colorés, bonnets, infusions de coca ou trimaté, cartes postales, timbres (les gens de la poste centrale ont fait une tête bizarre quand j'ai demandé 80 timbres)...

Le repas de midi change un peu : buffet de crudités et succulents beignets de carottes, l'ineffable soupe (avec viande, ce qui en décourage certains) et escalope milanaise (ils aiment bien ça, ici). Par contre, le dessert sort malheureusement de l'ordinaire avec... de la jelly à l'ananas (que peu apprécient). En guise de dessert également, nous avons la visite d'une responsable de l'agence TAWA (qui organise notre voyage pour le compte de l'UCPA : c'est pratique, l'agence est située DANS notre hôtel) et qui vient nous prévenir d'emmener des choses chaudes dans le sud, car le temps y est paraît-il spécialement froid !!! Ca promet...

Deux passagers supplémentaires nous accompagnent pour un bout de chemin : deux touristes israéliens qui viennent de se faire une excursion 'Amazonie' avec Tawa et se dirigent maintenant vers le sud de manière plus indépendante, mais ont du mal avec les billets de train et autres, car aucun ne parle espagnol, ce qui est peu pratique dans un pays où quasiment personne ne parle anglais. D'ailleurs notre guide non plus, on fait donc appel au very British accent de Nadine et à mon very Coventryiesque accent pour jouer les traducteurs.

Quand je suis arrivé devant la gare routière de La Paz...

...j'ai compris que c'était le centre du monde pour des milliers de voyageurs, bercés par l'incessant appel des rabatteurs des différentes compagnies qui crient à la face du monde (et surtout à la nôtre) la destination des bus en partance (A Cochabambaaaaaaa !!!! A Orruuuuroooo... A Copacabanaaaaaa.... Aaaatchouuuummmm ! Aaaaa vos souhaits...). Une fois nos bagages chargés dans le prochain bus pour Oruro, nous allons prendre un verre au resto de la gare, organisé selon un principe étrange : une dizaine de boutiques se partagent la clientèle, proposant uasiment toutes les mêmes boissons, mais des plats différents : la boutique 10 est spécialisée dans le churrasco, la 11 dans les chicharones, la 3 dans le poulet grillé...

Le voyage en bus se déroule sans problème, malgré quelques arrêts en plein No man's land. Nous bénéficions d'un plongeons dans la culture bolivienne profonde par le biais d'un épisode de "Walker Texas Ranger en VO sous-titrée", suivi de "Neverending Story 2", en espagnol, cette fois. Le tout accompagné de pop-corns géants : nous n'avons pas résisté à la tentation d'en acheter un (gros) sachet avant le départ du bus (pour 2 Bols, ça reste raisonnable). Bus qui se remplit au fur et à mesure, certaines personnes étant même debout ! Nous traversons de superbes paysages d'Altiplano, secs et ensoleillés, puis le ciel se couvre et il tombe même quelques gouttes ! Entre petites maisons, villages perdus et troupeaux de lamas, nous aperçevons un magnifique lac sur la droite, digne des cartes postales qui nous ont d'ores et déjà permis de nous fair une idée de la beauté du Sud Lipez, vers lequel nous roulons.

Oeuvre d'art fort accueillante à l'entrée d'Oruro...
Euh... Ils sont vraiment si méchants, les moustiques, dans la région ?

 

Arrivés à Oruro, nous gagnons... Les toilettes tout d'abord (il y a des "baños publicos un peu partout, où pour 1 Bol on vous donne l'accès ainsi que quelques feuilles de papier hygiénique. Trop gentil !), puis la gare ferroviaire, par le biais de deux taxis (dont l'un utilisait une voiture trafiquée pour avoir le volant à gauche : un trou béant sert de vide-poche sur la droite du tableau de bord...).

On fait la queue pour placer nos bagages dans le fourgon. Tip top confort !
Surtout quand on sait ce qui nous attend...

 

L'"Expresso del Sur", notre train, est là, il faut donc... faire la queue pour charger les bagages dans le wagon, avant d'aller nous installer dans notre confortable wagon surchauffé, bercés par moult clips de musique locale (le wagon de 1ère classe a télé+magnétoscope). Nous loupons cependant "Les autres" et la charmante silhouette de Nicole Kidman, car c'est l'heure du dîner. Le wagon restaurant dispose d'une cuisine où tout le monde s'affaire pour nous concocter de délicieux petits plats, parmis lesquels un excellent filet mignon / frites ou encore une escalope napolitaine ! Très très bon. La SNCF devrait en prendre de la graine... Le jeu du soir est l'association d'idées pour retenir des images, suivi d'une belote à 4, puis à 3, faute de participants.

Le but était (pour moi, en tous cas) de rester éveillé jusqu'à l'arrivée du train, vers 2h, afin d'être à peu près en forme à l'arrivée à Uyuni. Après avoir squatté le wagon restaurant jusqu'à l'extinction des feux (1h du mat), écrivant quelques cartes postales d'une main de plus en plus endormie, je me force à attendre l'arrivée... Qui n'arrive pas ! En tous cas, pas avant 3h30 passées. Tu parle d'un "expresso", qui met plus de 8h30 pour faire 230 Km !!!
C'est complètement transis que nous débarquons à Uyuni, nous nous engouffrons dans des taxis et prenons possession de nos chambres à l'hôtel ....., pas forcément chauffées (en tous cas, pas la nôtre), pour 4h de sommeil que nous espérons réparatrices.

J5 - Jeudi 17 juillet : A l'assaut du salar

Dès 8h, après une douche brûlante (au moins par contraste avec la température de la chambre), nous nous retrouvons dans une salle à manger fraîche (au vu de la buée qui matérialise nos respirations) afin de prendre des forces avant de pénétrer dans le salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel au monde (de la taille de deux départements français).
Nous faisons connaissance avec José et Ignacio, nos chauffeurs, Sofia et Mario, respectivement cuisinière et homme de main, puis nous chargeons le camion qui va nous véhiculer à travers le sud du pays et commence par nous emmener... deux cent mètres plus loin, en plein centre ville. Une petite heure pour visiter Uyuni, son expo photo (au moins 20 oeuvres), sa place principale aux restaurants pleins de touristes (Uyuni est le point de départ vers le sud et la base de nombreuses excursions), son marché animé, sa statue top-stalinienne dédiée au monde ouvrier...

Prêts pour l'aventure ?

 

 

La mode de la sculpture communiste
a laissé des traces ici aussi...


Vers 10h, nous prenons enfin la route du salar, non sans un petit arrêt à Colchani, pour visiter un petit atelier (très très artisanal) de fabication de sel. Voici le process de fabication :

  1. On ramène le sel extrait du salar (pelle, pioche, camion, brouettes)
  2. On le sèche (petits feux allumés sous le sel)
  3. On le broie (marteau, voire broyeuse électrique)
  4. On rajoute de l'iode
  5. On met en sachets (visiblement, ce sont les enfants de la famille qui s'occupent de cette dernière étape...)
Les pavés de sel

Les enfants de la famille bien en ordre pour la photo...

...et pour le cadeau !!!

L'extraction de sel rapporte 4 à 5 Bols par jour, alors accueillir un camion de touristes est largement aussi lucratif. D'ailleurs les enfants l'ont bien compris et nous proposent de prendre des photos en échange de quelques Bols. Après avoir hésité, nous cédons et organisons notre séance de prise de vu, avant une séance plus tendue de.. distribution des Bols... Jamais très sain, ce genre de choses !

Un poisson bien salé...

L'étrange aspect "cellullaire" du salar...
Les hexagones s'succèdent aux hexagones !
"Et du sel pour la 12 et que ça saute !
Ca marche..."

On va presque croire que je viens d'atteindre
le pôle Sud...
Etrange texture de sel et... de sel !


Nous pénétrons enfin dans le salar, grande étendue blanche immaculée où l'on a l'impression de marcher sur de la glace qui ne glisse pas... Le sol n'est qu'une succession de figure géométriques hexagonales de 60cm de largeur environ. Un jeu de marelle de plusieurs centaines de kilomètres... Endroit un peu insolite pour notre premier pique-nique. En revenant de notre escapade en VTT, nous apercevons déjà au loin les couleurs chatoyantes de la nappe de tissu qui recouvre la table. Du vrai luxe ! Salade, tomate, oignons, fromage (sorte de feta en moins gras), concombres, accompagnent un plat de lama et de riz. Bon, le lama n'est visiblement pas décidé à se laisser faire... Qu'à cela ne tienne, ça fait un bon entraînement pour les gencives. Et puis même si le lama gagne (ce qui fut le cas pour moi après deux bouchées et en l'absence de scie à métaux), il reste encore largement assez à manger à côté.

Allez, on se fait le tour du salar ?
Euhhh... c'est pas un peu grand ?

Salar ou jeu de marelle géant ???

Tu me passes le sel  ?
T'as qu'à te baisser...


Nous finissons par reprendre notre folle route à travers la blancheur. Je n'ai pas osé demander comment ils s'y retrouvaient sur tout ce blanc. Boussole ? Voix intérieures ? Hasard ? Et j'ai bien fait, car lorsque nous nous sommes arrêtés, je me suis aperçu qu'il y avait une sorte de piste constituée des traces des autres véhicules passés avant nous. Le but de l'arrêt en question est de trouver un orifice dans la croûte de sel et d'y rechercher des cristaux de sel. Nous en trouvons quelques uns, mais Humberto et José s'emploient surtout à agrandir les trous existants afin d'accéder aux cristaux les plus gros possibles. Après de multiples arrêts et de nombreuses prises de vues des cristaux (aux couleurs rose, jaune, verte...), nous repartons, le camion alourdi de quelques gros cristaux qui balottent (ou se décomposent, selon les cas) dans les porte-bagages.

A la recherche des cristaux...
La méthode Humberto... L'observation !

La méthode française : la finesse...
OOOhhh... Les beaux cristaux ! Ouais, bon... Bah oui, ils sont un peu plus gros !...

C'est vers 17h30 que nous arrivons à la ISLA DEL PESCADO (île du poisson), nommée d'après sa forme qui se découpé dans l'océan de sel qui l'entoure. Les tentes à peine installées, nous exprimons notre désir d'exercice en grimpant vers le sommet de l'île (une bonne petite dénivelée, quand même), au milieu de l'étrange végétation, constituée principalement de cactus gigantesques, aux allures de géants au milieu de ce paysage désolé, où seul quelques 'viscachas' trahissent leur présence (rongeur local qu'on dirait issu du croisement entre un lapin et une marmotte). Au fur et à mesure de l'escalade (un poil fatiguante, quand même), les rayons du soleil baissent et rajoutent à la magie du spectacle, mettant en scène ombres et cactus, blancheur et couleurs, dans un jeu de lumières irréel. De l'autre côté de l'île, l'ombre prend des proportions vertigineuses et ratrappe l'horizon plus vite encore que la mer prend possession de la baie du Mont St Michel (ah, les métaphores franco-boliviennes...).

"Et sur l'île, il y a des cactus...
Partout, il y a des cactus !"
Eau, glace, gaz, nuages ???
Non, sel.
"JE SUIS LE MAÎTRE DU .. euh... du... de... Bah... du CACTUS ! " Entre sel et cactus...
On plante la tente.
Les cactus et le ciel illuminé...
Presque un gâteau d'anniversaire !
Le soleil s'en va pour la nuit et confie la garde de l'île
à ses cactus-sentinelles, qui

Les appareils photos s'activent jusqu'au dernier rayon, qui nous signale qu'il est temps de redescendre si on ne veut pas se retrouver les fesses dans un cactus parce qu'on ne voit plus rien. Nous revenons entiers et sans épines, mais surtout à l'heure pour le dîner ! Soupe de légumes, poulet au riz et salade de fruit frais constituent notre premier repas en bivouac, suivi immédiatement d'une dame de pique version 'démo' (il faut que tout le monde apprenne à jouer). Merci au Crédit Agricole d'Ile-de-France d'avoir sponsorisé nos dames de pique en fournissant le jeu (qui n'a pas survécu au trek, mais il a bien résisté). Et même qu'il ne fait pas si froid que çà !

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