Bolivie 2003 : C'est bo la vie !

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J0 - Samedi 11 juillet 2003

Roissy, 15h00. J'arrive le premier au stand où l'on doit nous délivrer les billets d'avion. Je récupère au passage la trousse à Pharmacie qui servbira pour l'ensemble des groupes UCPA qui effectuent ce voyage cette année. J'attends un petit peu, dans l'espoir de voir arriver les 6 autres membres du groupe. Une jeune femme arrive peu après: Nadine. L'eployé chargé de nous remettre les billets nous conseille d'aller nous enregistrer rapidement, la file d'attente commençant à s'allonger. Au moins, nous ferons le voyage à deux.

Et quel voyage ! Paris-Madrid pour commencer (2h), quelques heures d'attente à déambuler parmi les magasins de l'aéroport madrilène, puis Madrid-Buenos Aires (11h), un paquet d'heures d'attente en Argentine (l'aéroport est moins fourni en distractions), trois heures jusqu'à Santa Cruz de la Sierra (l'ex-plaque tournante bolivienne du trafic de coke), où nous faisons enfin connaissance avec les autres membres du groupe, puis un dernier saut de puce (de 500 à 4000m, tout de même!) jusqu'à La Paz, avec bien entendu (ça aurait été trop simple) un arrêt d'une heure à Cochabamba. Trente-deux heures de voyage, c'est long!!!

Nous sommes accueillis à La Paz par Humberto, notre guide, qui nous emmène à l'Hostal Naira pour un repos bien mérité. On ne voit pas grand chose de La Paz, nuit et fatigue obligent, juste un certain nombre de types que l'on voit remonter l'autoroute vers l'aéroport... en courant ! Drôle de pratique... Notons au passage que le climat est bien plus frais que la canicule française de cet été. Heureusement, polaires et pulls étaient à portée de main.

J1 - Dimanche 13 juillet : aux âmes, et caetera...

Après une nuit un peu dure due aux décalage horaire et à une formle modérée du 'soroche' (mal d'altitude) consistant en un gros mal de tête sur le coup des 3h du mat, le petit déjeuner de l'hôtel Naira est un vrai réconfort : délicieuse salade de fruits avec bananes et papayes, pain frais, maté de coca (je trouve que ça a un goût d'herbe coupée, mais il paraît que c'est bon pour le mal d'altitude).

Nous partons ensuite pour el "Valle de las animas" (vallée des âmes), où nous allons réaliser notre première petite marche afin de nous mettre en conditions. Après un arrêt-supermarché (hipermercado) pour acheter des pique-niques et pallier aux éventuels oublis (crème solaire ou autres), des routes... euh... des pistes vaguements pavées et sacrément cabossées nous amènent en bordure de La Paz où nous découvrons une magnifique vallée longée de sorts d'orgues de roche.

Whaouuu... Impressionnant comme décor !

Un paysage impressionnant, qu'on croirait sorti d'un livre décrivant un quelconque paradis... ou plutôt enfer, d'autant que la montée est rude. Le coeur bat à tout rompre, le soleil tape dur, les jambes flagellent, les rochers glissent sous la semelle, le vent est vif... Bref, c'est à bout de souffle que nous arrivons suffisament loin (et haut) dans la vallée pour estimer qu'il est temps de se poser et de déjeuner.

Cathédrale de roche ?
Orgues de la nature ?
Hérisson géant pétrifié ?
Pfff, pfff...
C'est encore loin le déjeuner ???

 

Le jambon fumé est hyper-salé, c'est très bien : ça nous pousse à boire plus ! (c'est bon pour le 'soroche'). Les appareils photo rentrent en action. On peut dire que les vacances ont commencé !

Nous redescendons (ahahaaaahhhh, c'est plus simple...) au milieu des cultures de pois de senteur (pas grand chose à voir avec nos champs, plutôt des petits brins d'herbe rabougris vaguement alignés en rangées au milieu des cailloux...) et retrouvons notre minibus. Assez d'efforts pour aujourd'hui !

Une petite sieste et nous voilà repartis à l'assaut des boutiques du quartier (ça tombe bien, l'hôtel est en plein dans le quartier touristique de La Paz). 72 boutiques plus tard, il est temps de goûter notre premier vrai repas bolivien (au restaurant de l'hôtel) : soupe en entrée, puis selon les goûts, fondue de lama ou sajita de pollo (assiettes gigantesques !). Les discussions de fin de repas nous amènent à parler d'abord d'âge (les âges du groupe vont de de 27 à 37 ans), puis de PNL, sujet où Dominique semble être spécialiste. Les profils, bases et autres directions de nos enéagrammes respectifs nous mènent jusqu'à la fin de soirée. Demain, nous partons pour l'ouest.

J2 - Lundi 14 juillet : Welcome to Copa, Copacabana

Pas de fête nationale qui tienne... Lever 6h30 pour un départ dans notre minibus favori (avec toujours Eduis, "le roi du klaxon", aux commandes) à travers le jaune altiplano sur fond de majestueux sommets enneigés (ce qui occasionne de nombreux arrêts-photo). Deux heures de route nous conduisent au bord du fameux lac Titicaca (re-arrêts photos, les bords du lac sont sublimes et le bleu des eaux magique), puis à nouveau deux heures avant de gagner un embarcadère nous permettant de franchir un petit bras de lac (et de gagner pas mal de temps) séparément (le minibus d'un côté, les passagers de l'autre), avant d'arriver finalement à Copacabana.

L'étrange couleur bleue du lac Titicaca...

Si le site est magnifique, le décor n'a néanmmoins pas grand chose à voir avec la fameuse plage brésilienne. Rendons toutefois à César ce qui est à Jules : c'est suite au voeu d'un marin au large des côtes brésiliennes, qui a remis son destin entre les mains de la vierge de Copacabana (là où on est), que la plage brésilienne a hérité de ce nom. Nous visitons d'ailleurs la cathédrale qui est dédiée à cette vierge, lieu fondamental de pélerinage en Bolivie. Assez jolie, comme toute la ville, où nous croisons un certain nombre de touristes. Notons toutefois que le bureau de change local ne permet pas de changer des Euros ni des travellers et n'autorise pas de changer plus de 50 $US... On ne peut pas dire qu'ils poussent à la consommation !!!

Copacabana ? Ou Rio avec son pain de sucre ???


La porte de la cathédrale de Copacabana... La cathédrale elle-même

 

Un achat nécessaire pour les moins prévoyants : le chapeau. Deux tendances pour la mode hiver 2003 : le look 'caliméro/champignon' (d'une esthétique originale, il semble protéger correctement) et le look 'el tourista' (très coloré, il protège bien également, mais il y a fort à parier que la couleur risque de partir avec la première pluie. Qu'à cela ne tienne, il est temps d'aller déjeuner. Au menu : soupe, puis filet de perche (ou poulet pour le non-poissonneux que je suis, ainsi que pour notre guide qui en a ras le bol de manger du poisson à chaque fois). Très bon (et très copieux) repas !

Le marché aux pop-corns... ENORMES !!! Petit moment de repos, bercés par les flots


Nous embarquons sur un petit bateau pour la Isla del Sol (île du Soleil, pour les pas doués en langues). Deux heures de sieste, bercés par le ronron du moteur et la température plutôt douce grâce au soleil qui inonde généreusement l'île qui lui est dédiée et ses alentours. Notons au passage de jolis points de vue sur la Cordillera Real (un morceau de cordillère) et quelques lamas qui broutent tranquillement au milieu des cultures en terasses datant du temps des incas.

Challampa, Titicaca, c'est beau tout ça !

Nous débarquons à Challapampa, petit village situé à l'extrémité de l'île, puis nous installons dans une maison aménagée en sympathique refuge (avec même des toilettes ! Quel luxe...) et partons pour une balade vers l'extrémité de l'île, au milieu du bétail qui rentr des champs (les brebis ont des petits rubans sur la tête, qui servent de marquage... On dirait qu'on leu a mis des bigoudis !). Ainsi naquit la légende des hommes-champignons qui font peur aux vaches...

Ainsi naquit la légende
des hommes-champignons
qui effraient les moutons
Nadine, les pieds dans l'eau
(on verra que par la suite
que c'est une habitude)

Alors que le soleil envoie ses derniers rayons sur le petit port de Challapampa avant de disparaître derrière une colline, on assiste à une réunion sur la place du village : les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Ici, les rôles sont très clairement répartis. Mais bon, ça n'est pas nos oignons, alors on s'en lave les mains dans le lac (qui est quand même assez frais), sauf Nadine -qui ne fait jamais rien comme tout le monde- et va jusqu'à y trmper les pieds. Pas si froid que ça ? Ca dépend pour qui... En tous cas, elle se retouve trempée et donc obligée de se mettre en pyjama pour le dîner. Quel scandale !

Notre premier dîner aux chandelles !


Le dîner a lieu au rez-de-chaussée de notre petit refuge, aux chandelles, et s'avère fort bon : soupe quinoa et légumes (le quinoa est une céréale spécifique des hauts-plateaux andins, où il a le mérite de pousser malgré tout), puis poisson ou ploulet avec papas fritas (pommes de terre grillées) et riz. Encore super-copieux. On veut nous alourdir pour la montagne ou quoi ??? Les discussions reviennet à l'enéagramme, cette science qui nous vient du fond des âges : on a trouvé les bases de certains d'entre nous (9 pour Michèle, 1 pour Nadine, 6 pour Dominique, 7 pour moi... Les initiés apprécieront !). Un coup d'oeil au magnfique ciel nous permet d'apercevoir la Croix du Sud, sur fond de Voie Lactée. Ca c'est du ciel !

J3 - Mardi 15 juillet : Sur le soleil exactement...

Nous petit-déjeunons de jus de banane, de pain et même d'oeuf au plat pour les intéressés (Joël est intéressé ;!) avant de partir vers 8h en direction des hauteurs de l'île, après avoir déposé, les sacs de couchage et autres articles inutiles dans le bâteau (réveillant le pilote au passage) et acheté des provisions d'eau pour la route. 4h, c'est long. Et ça grimpe dur, d'abord parmi des maisonnettes à flanc de colline où cochons, ânes et moutons finissent paisiblement leur nuit, puis dans un paysage plus aride, aux allures mêlant lande écossaise et côte d'Azur.

Première étape : les ruines incas de CHINKANA, construites en labyrinthe : l'occasion pour les assaillants éventuels (et les touristes) de se perdre ou de récolter quelques bosses dans les tunnels. Nous reprenons ensuite la route qui suit peu ou prou la ligne de crête de l'île, alternant montées et descentes, mettant à l'épreuve notre résistance entre 3800 et400 mètres. Le 'soroche' est toujours là la nuit : nous sommes encore quelques uns à nous réveiller avec un bon mal de tête, mais un cachet et ça disparaît. C'est la forme la plus bénigne du 'soroche' et heureusement la seule dont nous aurons à souffrir pendant le voyage.

L'entrée du labyrinthe inca...

La route principale de la Isla del Sol

Un petit arrêt-buffet en route nous permet de régler son compte au fromage et d'attaquer sérieusement les papas (chips). On croise un certain nombre de touristes (enfin, une dizaine dans la matinée, quoi... C'est pas le Mont Saint-Michel non plus !), avant d'arriver finalement vers notre destination, après quelques eucalyptus, un petit village haut perché, où nous croisons deux petits garçons deux lamas (dont un tout petit) qui lancent une séance de photos contre quelques bols (parenthèse sémantique : 1 bol = 1 boliviano = l'unité monétaire bolivienne = 0,9 franc = 0,13 Euro environ).

Ils sont beaux mes lamas, ils sont beaux !

Mais l'heure passe et Dominique crie famine ! De peur qu'il ne tombe d'inanition, Humberto tente en vain de trouver un resto ouvert, mais impossible : il faudra patienter jusqu'au retour à Copacabana. On descend pour reprendre notre bateau, qui fait une petite halte dans d'autres très jolies ruines incas (PIL KOKAINA) d'une partie peu accessible de l'île (des ruines avec de vraies pièces avec un plafond et tout et tout), puis c'est re-sieste pendant 2h avant de toucher terre et d'enfin nous sustanter dans un restaurant copacabanais, où on nous sert l'éternelle sou... Non, ce sont des crudités !!! Suivies de.. la soupe (eh oui), puis de poisson (on n'a même plus faim...) et de bananes (le pays en produit d'excellentes, du côté des Yungas, plus bas, vers l'Est).

Porte du soleil ?
Non, porte sur l'île du Soleil
Emilie se prend pour une momie...

Porte vers la porte, vers la porte... Bon, c'est pas tout ça... Mais après les incas,
il est temps de penser à un en-cas !

 

Un dernier tour en ville pour digérer et faire quelques emplettes (on découvre au passage que les gens du coin n'ont vraiment pas le sens du commerce : ils préfèrent ne pas vendre que d'essayer de trouver de la monnaie si l'acheteur n'en a pas... Au bout du compte, on finit par faire baisser les prix pour pouvoir payer... Tant pis pour eux !).

La route du retour est pleine de virages... L'idéal pour digérer (beuhhh...), d'autant que le passage navigable se fait par un temps quelque peu venté (re-beuhhhh...), le vent se levant paraît-il systématiquement l'après-midi sur le lac. Quelque peut verdi par cet épisode, j'apprécie de retrouver les droites routes de l'altiplano, ainsi que le mouvement général de solidarité pour me laisser une place devant. Merci à tous !

L'arrivée à La Paz est quelque peu mouvementée : c'est demain l'anniversaire de la révolution, la route principale est donc bloquée par les préparatifs des défilés. Eduis décixde alors de nous entraîner dans une folle course à travers la banlieue : chemins, impasses, pistes, no man's land hiroshimiesques, coups-gorges, repaires de chiens errants se succèdent pour rejoindre finalement une 'vraie' route o nous roulons quelques temps, au son des innombrables coups de fil reçus par notre chauffeur sur son portable... Jusqu'a'à ce qu'il décide brutalement d'arrêter un autre minibus... pour nous récvupérer ! On n'a jamais su quel fructueux business l'avait conduit à nous changer subitement de véhicule... Toujoujrs est-il que notre nouveau chauffeur -nettement plus calme (ou bien son klaxon est en panne)- nous ammène tranquillement vers... les bouchons de La Paz. On a ainsi pleinement le temps de découvrir les boutique, rangées par thème dans les rues... Nous passons rue des semelles et des talons, pui croisons l'avenue des balais, avant d'arriver dans celle des... touristes ! Nous voilà à l'hôtel, débarquant avec armes et bagages.

Juste le temps d'une bonne douche et nous voilà repartis pour un épisode gastronomique et... folklorique ! Sur les conseils d'Humberto, nous nous rendons dans un petit resto non loin de l'hôtel, dans le genre 'touristes welcome'. A peine installés (la salle n'est qu'à moitié pleine), un joueur de charango (les toutes petites guitares) se présente et demande à chaque table quelle est sa nationalité, puis la fait applaudir par toute la salle... 'Para Francia!' (visiblement, c'est une coutulme bolivienen avant chaque spectacle folklorique !). Nous sommes gratifiés d'un (excellent) concert de charango pendant l'apéritif local offert par la maison (quelque chose d'alcoolisé, mais d'assez doux, avec sans doute de l'orange) et pendant notre découverte du buffet bolivien, où cohabitent patates douces, patates séchées, patates à l'eau, fèves, pommes-fruit enduites de... fromage de chèvre, radis, piments, cornichons... Original.

El condor, il arrête pas de passer...
Et elles dansent...
Et elles sourient...
Et la musique bat son plein...


Le passage au plat de résistance est marqué par l'arrivée d'un nouveau groupe, plus fourni (8 musiciens / chanteurs), qui attaquent des airs enjoués alors que nous attaquons soit notre 'churrasco' (lama aux poivrons), soit la spécialité locale (steack de lama avec fromage fondu), accompagnés d'un petit (vraiment tout petit, pas un grand cru) Merlot bolivien (on n'a même pas fini la 1/2 bouteille...). Pendant ce temps, les morceaux défilent, ainsi que les danseurs et danseuses qui illustrent avec brio les morceaux, me mettant à contribution pour une danse effrénée qui me voit regagner ma chaise la langue pendante et le coeur à 250... On n'a pas idée de danser à cette altitude !!!

El ritmo en la peau...
"Arf, arf... Super la... Arf... Danse locale... Arf Aaaarff..."

Puis c'est au tour d'un groupe plus 'roots' avec flûtes de pan et tambour (sans doute plus authentique, mais beaucoup moins agréable), puis un autre groupe, puis d'autres danseurs... Ca ne s'arrête plus !!! On finit quand même par s'éclipser entre deux morceaux. En fait, on aimerait voir la fête dans les rues de La Paz. Malgré le nombre important de gens qui remontent depuis la place de l'église San Francisco, il reste du monde, beaucoup d emonde, des tonnes de monde... qui nous soulève littéralement du sol lorsqu'on essaie de passer. Y'a de quoi se faire piétiner ! C'est limite carrément dangeraux... Alors n'écoutant que notre courage qui ne nous dit pas grand chose, on bat en retrait vers l'hôtel. On aura entraperçu l'écran géant quiretransmet le concert depuis la scène située de l'autre côté de la place, ainsi que quelques stands de vente de brochettes, beignets et autres boissons (alcoolisées)... Et notre nuit sera bercée de bruits de pétards et feux d'artifice. Quand les boliviens font la fête, ça s'entend !

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