Inde 2004 : De Bombay à Udaipur

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J6 - Dimanche 22 février 2004 : CHAMPANER POUR TOUT LE MONDE !

Encore une fois, nous nous levons aux aurores, pour partir dès 8h vers le Sud, sur la route de Bombay. 3 heures de route et de somnolence, interrompus par un arrêt à côté d'un petit temple sur le bord de route où l'on vient prier et offrir... une horloge, pour peu qu'on ait fait l'aller-retour Bombay-Ahmedabad sans encombre. On y vend de nombreuses horloges, ainsi que de très jolies couronnes de fleurs roses.

TraficTrafic
La route indienne : chaos ultimeSi si, ça passe...
Vous avez l'heure ?Tic... Tac...
" Vous avez l'heure ?
Euh... Laquelle ?"
 
Tic... Tac...
 
Des p'tites fleurs, des p'tites fleurs...Toujours des p'tites fleurs...
Des p'tites fleurs, des p'tites fleurs...
 
Toujours des p'tites fleurs...
 
C'est quand qu'on arrive ?Chargé...
C'est quand qu'on arrive ?Poussez pas derrière !!!

Nous arrivons enfin à Champaner, ville créée au 15ème siècle par les moghols pour être leur capitale, mais abandonnée dès leur défaite, pour n'être aujourd'hui qu'un petit village. Darshan sort son arme magique : le pain d'épices indien... Excellent !!! Nous nous ruons sur la chose et n'en raissons que des miettes... Une petite pause-rafraîchissement s'impose nénanmoins, dans une petite échoppe où toute la famille s'affaire à servir des boissons, faire frire des pakoras et préparer des chapatis, nous rentrons dans l'enceinte d'une superbe mosquée déserte...

Very good cake...MIAM... SLURP...
I'm on a diet, but... I love it !
 
MIAM... SLURP...
 
Mosquée isolée
La magnifique mosquée abandonnée de Champaner...
MosquéeA travers la mosquée...

Déserte ? Pas tant que ça... Des dizianes de petits singes aux gros sourcils hantent les lieux. Anne-Laure tente une entrée en contact, avec pour appat son chapeau rose... Peine perdue ! Ce n'est pas cette année que Marmiton lancera un partenariat avec la Confrérie des singes associés.

Un peu plus loin, une autre somptueuse mosquée, encore plus grande, avec une belle enceinte et un petit jardin. Nous sommes accueillis en grandes pompes par ce qui doit être le mâle dominant de la troupe de singes locale, qui se balance lourdement dans un arbre en faisant moult cris et grognements.

Les autres singes, plus calmes, nous regardent avec intérêt du haut de la coupole, à l'intérieur. Un endroit magique, plein de charme et de mystère... On aurait envie d'aller faire un tour 500 ans en arrière pour voir la ville vivre !

Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour admirer les très anciennes portes de Dabbhri, où l'intérêt que nous suscitons n'a certainement d'égal que la rareté des passages de touristes das le coin...

Nous repartons pour une petite heure de route en direction de Baroda (également appellée Vadorada), où nous nous arrêtons pour acheter un "Thumb's up" au bord d'un magnifique parc et tombons sur... un français, dont la femme travaille à l'Alliance française de Baroda et qui semble être l'un des principaux utilisateurs du golf (en fait de parc, c'est un golf, très bien entretenu d'ailleurs !). Il semble ravi de discuter (il doit croiser des français en moyenne tous les 10 ans ici...), mais c'est pas tout ça, on a un palais de Maharadjah à visiter, nous.

PalaisPalaisPalais
Lukshmi Vilas Palace
 
Palais

PalaisPalais
Lukshmi Vilas Palace

Ca c'est du palais !!! Partiellement ouvert aux touristes depuis quelques mois seulement, le palais est exactement comme l'on imagine un palais... Fastueux, rempli de dorures, de marbres, de meubles précieux, d'armes et d'armures, de tableaux de famille, avec même un tigre empaillé (impressionnante, la bête&nnbsp;!)... Quant à la salle de bal, elle fait environ 150 fois mon appartement en volume&nnbsp;! Mais j'avoue ma préférence pour la petite cour intérieure en marbre rose avec les bassins et les statues.

Depuis 1947, les maharadjahs se sont vus déposséder de leurs pouvoirs, puis peu à peu, de leur influence... Mais ils restent pour la plupart immensément riches. Ce palais en est la parfaite illustration !

Et si on se prenait un petit verre avant de partir ? Et... Ahhh tiens, ils font des glaces... Bon, euh... Parfums ananas et fruits secs pour moi !

KulfiL'accident...
Kulfi, very authentic...Accident à la sortie
Le rickshaw tape l'incruste...On déboîte
Diantre, le rickshaw
a tapé l'incruste...
En Inde, on trouve toujours du monde pour aider !

Diantre, il est déjà 18h ! Il faut partir car la nuit va bientôt tomber... Et nous comprenons très vite pourquoi il et important de rentrer avant : rouler de nuit en Inde est une expérience qui se situe entre le train fantôme, le grand huit et le saut à l'élastique. En beaucoup plus dangereux !!!

Déjà, ça commence mal : notre chauffeur freine un peu tard et percute un rickhaw. Pas de mal, mais le pare-boue du rickshaw et notre aile gauche sont emboîtées... Il faut 4 ou 5 personnes pour les déboîter.

La première heure de route est pénible, car tout le monde est fatigué et nous sentons notre chauffeur nerveux suite à ce petit accident. Lorsque la nuit devient noir, c'est carrément terrifiant ! Les sombres silhouettes des gros camions Tata se succèdent en face de nous, à peine visibles du fait d'un éclairage uelque peu négligé, ou coplètement aveuglants du fait qu'ils sont en plein phares... S'ensuit un long pamphlet de Claude sur la conduite en Inde et cet étrange individualisme irraisonné qui pousse tous les conducteurs à prendre des risques incroyables à tout bout de champ. En même temps, les indiens sont certainement les meilleurs conducteurs du monde, car personne d'autre ne peut conduire dans de telles conditions... Pas même les napolitains, les égyptiens ou les sud-américains (pourtant, j'ai testé)...

TraficCoucher de soleil
Une vision claire de la conduite indienne...Coucher de soleil
CrevaisonPhoto de groupe
Crevaison numéro 2Photo de groupe en bord d'autoroute
CrevaisonMIAM... SLURP...
Photo de groupe après le repasFaut se remettre de nos émotions !!!

Heureusement, une crevaison nous permet de souffler quelques minutes !!! Et c'est soulagés que nous arrivons enfin à l'hôtel peu après huit heures et demie. Rien de tel qu'un bon dîner pour nous remettre de nos émotions ! Seule Anne-Laure a le courage de se mettre en tenue indienne.

J7 - Lundi 23 février 2004 : PIQUÉS PAR LES MYSTIQUES

Encore un lever à l'aube, pour nous rendre avant huit heures au temple de Swami Narayan, où nous allons assister à la "puja" (prière) du matin. Le temple a été repeint très récemment et ses couleurs vives lui donnent des airs de cheesecake anglais décoré... Couleurs qui rivalisent avec celles des saris des femmes présentes pour la prière. Nous nous avançons, les hommes d'un côté et les femmes de l'autre (derrière les hommes, eh oui...).

Après un petit quart d'heure d'attente, la foule se fait plus pressante. Un homme me dit de ne pas poser mon sac par terre. Aurais-je été à l'encontre d'un quelconque tabou ? Je comprends très vite que non... Ceux qui se prosternaient se sont maintenant relevés et la foule entonne un mantra, avec un entrain grandissant. La fièvre monte... Et le voilà : le gourou arrive ! Et là commence un mouvement de foule digne d'un concert de rock lorsque le groupe arive sur scène, qui m'entraîne malgré moi dans le parcours sacré, sous le sourire des habitués qui regardent mon étonnement d'un air amusé. L'un d'eux m'explique que c'est le 183ème anniversaire du temple et que le gourou du temple est venu spécialement pour l'occasion, accompagné de son petit-fils et successeur. C'est un grand jour ici, c'est pouruoi il y a autant de monde !

Dix minutes plus tard, le gourou quitte l'enceinte du sanctuaire et le calme revient. J'en profite pour retrouver les autres. Anne-Laure et Sylvie ont dès le départ été prises en main par une jeune indienne qui leur a montré et expliqué ce qui se passait, les présentant même à une personnalité locale. Alors que les femmes discutent un peu partout dans le temple, comme autant de fleurs sur une colline, le gourou et son petit fils (protégé par un garde du corps avec fusil à pompe, on ne sait jamais...) participent à ce qui ressemble à une homélie. Ayant encore du mal avec le gujarati, nous choisissons ce moment pour partir après cette exprérience très indienne, où nous avons pu mesurer l'intensité de la foi, ainsi que constater qu'elle s'accompagnait de couleurs et de bienveillance, aucune personne ne nous ayant fait ressentir que nous n'étions pas à notre place, bien au contraire.

La matinée se poursuit plus calmement par un tour dans le vieil Ahmedabad, où l'on admire de nombreuses facades de maisons musulmanes datant de plusieurs siècles (16ème siècle, en général)... Elles sont magnifiques, mais hélàs en bien mauvais état... Nus visitons au passages plusieurs temples Jaïns, de tailles et décorations diverses (souvent richement ornés de verre coloré, de miroirs et autres éléments un peu clinquants... L'exact opposé de nos austères églises romanes. Les temples ressemblent le plus souvent à de grandes maisons, afin d'échapper à la desctruction par les musulmans.

Quelques mots sur le Jaïnisme : cette religion naquit lpusieurs siècles avant JC, en réaction (tout comme le bouddhisme) à la domination par les brahmanes dans l'hindouisme. Les Jaïns ne vénèrent pas les dieux, mais les 24 prophètes, dont l'on retrouve des représentations dans chaque temple, sur lesquelles les pélerins apposent des 'tikkas' sur les 7 points sacrés du corps.

Nous retrouvons l'animation en arrivant dans le coin du marché. Comme Philippe repart ce soir, il faut optimiser en lui confiant une partie des choses à ramener. Ainsi, 1 kg de mangues séchées, 3 de noix de cajou et quelques autres produits locaux viennent s'ajouter à notre tableau de chasse.

Une petite heure de sieste et nous nous retrouvons pour aller voir le lavage à la chaîne au bord du Nehru bridge : impressionnant !!! Il est temps de manger un morceau dans le même restaurant que deux jours avant, à côté de l'hôtel. Nous n'avons pas beaucoup de temps et, dans notre empressement à commander, nous oublions de demander à ce que les plats ne soient pas trop forts por nos palais occidentaux délicats... Nous repartons donc la bouche en feu, pour rejoindre une aute partie de la ville où nous allons visiter ce qui constitue l'un des plus beaux musées de tissus au monde : le musée Calico.

Passé un très agréable jardin plein de palmiers et d'arbres tropicaux, nous découvrons dans une grande maison très ancienne de magnifiques tissus remontant pour certains au 16ème siècle... Cahemires, parures d'or et de soie, tenues royales, dessins d'une fabuleuse finesse, mais également d'autres choses suprenantes :une gigantesque tente moghole, véritable palais nomade, ou encore un temple "transportable"...

Nous ressortons enthousiastes et rassérénés de ce lieu où beauté, luxe, calme et volupté sont particulièrement agréable après le centre-ville bruyant et poussiéreux d'Ahmedabad (dont le petit surnom est 'ville de la poussière'). L'étape suivante est relativement calme également : il s'agit du mémorial Patel. Patel fut l'un des trois grands hommes de l'indépendance indienne, avec Gandi et Nehru. Moins médiatisé que ses deux compagnons, il n'en joua pas moins un rôle primordial dans l'accomplissement et la stabilisation de la jeune république indienne. Son mémorial est un ancien petit palais du 17ème siècle aux murs rouge orangés et blancs, au bord de la rivière Sabarmati, d'où l'on peut admirer les trains qui se croisent sur un grand viaduc, ainsi que... la centrale nucléaire ! Une grande partie du mémorial est ainsi consacrée à l'information sur les grands travaux hydrauliques de l'Inde, qui lui permettent aujourd'hui d'être pleinement autonome d'un point de vue alimentaire et même de devenir un exportateur majeur. Ce succès agraire est certainement la plus grande réussite d'Indira Gandhi.

La lumière baisse doucement, comme la chaleur, alors que nous nous achminons vers la dernière étape de notre journée : l'ashram de Gandi (Sabarmati Asram). Dans ce vaste lieu qui ressemble à une école de campagne, l'image et l'âme de Gandi sont omniprésentes, à travers la sérénité et l'harmonie qui semblent y régner. Des écoliers chantent à l'unisson, mais n'arrivent pas à couvrir le raffut des nombreux oiseaux qui se déchaînent dans les grands arbres. Après un petit tour des lieux, nous nous asseyons pour écouter Sri Claude nous parler de Gandi, comme il sait si bien le faire lorsqu'il s'agit de l'Inde. Gandi est également appellé Gandiji (le "ji" à la fin d'un nom est une marque de respect) ou "bapu" (terme affectif comme "papa", Gandi étant considéré comme le père de l'Inde), quant au terme "mahatma", il veut dire "grande âme".

Le ciel a pris des airs de feu d'artifice rouge orangé, l'heure du son et lumière approche. Nous prenons place dos à la rivière et nous couvrons d'anti-moustique, en attendant le début de ce qui n'est pas le son et lumière du siècl, mais plutôt une agréable bande son contant l'histoire de Gandi sur fond de bruitages et de musiques bien choisies, alors que quelques spots produisent des flashs lumineux çà et là... Les oiseaux rabattent peu à peu leur caquet et nous en voyons passer quelques uns de belle taille entre les arbes au-dessus de nous. Oiseaux ? Pas exactement... En fait, ce sont des chauves-souris (et de sacrément grosses chauves-souris !!!).

Nous regagnons l'hôtel Royal Highness pour un dernier repas à sept. Philippe remplit son sac et regagne la France ce soir.

Vache citadineSi, si... C'est une auto-école !
Vache citadineSi, si... C'est une auto-école !

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